La Sardaigne en vélo : de Girasole à Cala Gonone, dolce vita dans le Parc National du Golfe d’Orosei – Gennargentu

En compagnie de Pépé, chouette Sarde rencontré près de Dorgali. Ensemble, nous avons trinqué avec du vin local et festoyé de charcuteries et de fromages sardes
(photo courir-lemonde.com)

Du 10 au 12 mars, j’ai pris le temps de parcourir le Parc National du Golfe d’Orosei – Genmaterdenu, dans la partie Est de l’île. Depuis Girasole, j’ai atteint la station balnéaire de Cala Gonone en passant par le point le plus haut de mon périple en Sardaigne, le passo Genna Silana (1018 mètres). Le soleil a accompagné mes trois jours d’errance dans ce très bel écrin de nature. Seulement 70 kilomètres répartit sur deux étapes puisque dimanche 12 mars j’ai observé une journée de repos à Cala Gonone.  

Mes coups de cœur dans le Parc National du Golfe d’Orosei – Genmaterdenu 🙂 

  • la géniale rencontre de Pépé près de Dorgali.
  • la nature à l’état pure dans le Parc National du Golfe d’Orosei – Genmaterdenu
  • l’ascension vers le joli village de Baunei
  • Cala Gonone et sa côte dentelée 

parcours Est Sardaigne Cala Gonone

Mon parcours dans le Parc National du Golfe d’Orosei – Genmaterdenu
(réalisation courir-lemonde.com sur openrunner)

Etape 10 : Girasole – Baunei (15 kilomètres)

La nuit en tente dans le champ prêté par Luigi n’avait pas été si médiocre que cela. J’avais redouté le pire en début de soirée lorsque le chien du voisin se mit à aboyer en direction de ma tente. Face à l’entêtement du clebs, j’étais resté silencieusement emmitouflé dans mon duvet pendant près d’une heure. Au bout d’un certain temps, j’avais même envisagé de déménager. Finalement, ma patience était venue à bout des velléités défensives du chien. Et malgré quelques aboiements durant la nuit, j’avais presque réussi à dormir correctement.

Réveillé un peu avant 7h00 par le lever du soleil, je quittai rapidement les lieux car ma présence dans le jardin de Luigi aurait sans doute été suspecte aux yeux des voisins. Quelques coups de pédales plus loin, j’atteignis un super cadre avec une belle vue sur la mer. Parfait pour petit-déjeuner et commencer sereinement la journée. 

GirasolePetit-déjeuner royal sur la côte près de Tortoli (photo courir-lemonde.com)

Depuis Lotzorai, 10 kilomètres d’ascension pour rallier Baunei (vidéo courir-lemonde.com)

Vers 10h00, j’attaquai, sous un soleil étincelant, le gros morceau de la journée. Depuis Lotzorai, je devais escalader une ascension d’environ 10 kilomètres pour atteindre Baunei où j’avais réservé la veille un logement sur airbnb.
Après l’étape du matin, je souhaitais laisser mes affaires dans le logement pour me rendre à pied à Cala Goloritze, une magnifique crique située non loin de Baunei.

Même si la montée fut costaude, je pris beaucoup de plaisir sur mon vélo. Les paysages autour de moi étaient somptueux ce qui rendit l’effort plus soutenable. Et puis, régulièrement, je faisais des pauses pour prendre des photos, me ravitailler et contempler les crêtes rocheuses qui se dressaient sur les hauteurs. A mon arrivée dans Baunei, je me suis posé dans un café pour me désaltérer d’une traditionnelle Ichnusa (bière sarde) avant de festoyer d’un classique et délicieux saucisses frites.

Le village de Baunei, à flanc de montagne, se rapproche (photo courir-lemonde.com)

De quoi reprendre des forces après la rude ascension du matin
(photo courir-lemonde.com)

L’église de Baunei (photo courir-lemonde.com)

Après avoir déposé mes affaires dans le logement réservé la veille, je pris, à pied, la direction de Cala Goloritze. Erreur de ma part car j’appris plus tard que celle-ci se situait nettement plus loin que je l’avais imaginé. C’était donc rappé pour Cala Goloritze. Cependant, j’ai rapidement relativisé pour savourer pleinement ma balade dans le Parc National du Golfe d’Orosei – Genmaterdenu. Torse-nu, j’ai vagabondé une bonne partie de l’après-midi au milieu de beaux paysages calcaires et en compagnie de la riche faune locale. 

Paysages très sauvages dans le Parc National du Golfe d’Oroseil – Genmaterdenu
(photo courir-lemonde.com)

Cochons sauvages ou sangliers ? (photo courir-lemonde.com)

Panorama depuis les hauteurs de Baunei (photo courir-lemonde.com)

De retour dans le bourg de Baunei, je fis quelques courses alimentaires en prévision des repas du week-end. Par la suite, ma soirée fut tranquille. Après un dîner à base de pois chiches et de betteraves, je suivis la précieuse victoire de l’Hermine de Nantes à Roanne dans le championnat de ProB. Un peu de lecture puis je me suis couché de bonne heure afin de recharger les batteries pour l’étape montagneuse du lendemain … 

Etape 11 : Baunei – Cala Gonone (55 kilomètres)

C’est en forme que j’ai démarré cette nouvelle journée ensoleillée. Vers 10h00, je quittai tranquillement Baunei. A la sortie du village, la route montait modérément, 2 à 3% peut-être. L’idéal pour se mettre en jambes ! Au fil des jours, je me sentais de plus en plus affûté signe que mon corps absorbait parfaitement les efforts consentis depuis le début du périple.

Après trois ou quatre kilomètres, je fis la rencontre d’un VTTiste du coin. Quelques mots échangés puis chacun repris son chemin. De mon côté, le profil topographique se corsa sensiblement. A présent la pente oscillait entre 5 à 7%. En moulinant avec régularité, j’atteignis un point haut d’où la vue était sublime. Derrière une ligne de crête, j’aperçus des névés cramponnés aux sommets les plus hauts de Sardaigne.
La belle descente qui suivit fut salvatrice avant d’attaquer une nouvelle grimpette. Dans ce cadre sauvage, j’étais bien et je m’adonnais à des réflexions sur mes futurs projets en solitaire et en couple. Sachez que le vélo rend le cerveau fécond 😉 

En pleine nature à 800 mètres d’altitude dans le Parc National du Golfe d’Orosei – Genmaterdenu (photo courir-lemonde.com)

Into the wild (vidéo courir-lemonde.com)

A la mi-journée, je dégustai mes pâtes accompagnées de saumon dans un champ colonisé par des moutons. Le son du ruisselet traversant le pâturage et les tintements de cloches m’apaisèrent encore davantage. Relaxé et requinqué, je partis en direction du passo Genna Silana, le col que je comptais atteindre cet après-midi.

Peu de temps après, je vis un panneau qui annonçait que la route était barrée à 25 kilomètres, juste avant Dorgali et Cala Gonone. Mince ! En dépit de cette information, je décidai de poursuivre sur la même route. La route était-elle vraiment coupée ? Barrée pour les voitures mais était-ce le cas pour les vélos ? Je voulais en savoir plus et voir ce qu’il en était réellement sur place. De toute manière, la seconde option me tentait guère puisqu’elle me faisait effectuer un détour de plus de 100 kilomètres par les hautes montagnes de l’île. 

A la suite d’une montée régulière et pas trop pentue, j’atteignis le passo Genna Silana et ses 1018 mètres d’altitude. Heureux, je pris de nombreuses photos pour immortaliser l’ascension du col le plus haut de mon voyage. Autour de moi, les barres et crêtes calcaires dominaient outrageusement le paysage.

Des airs de Mongolie dans les montagnes sardes (photo courir-lemonde.com)

Passo Genna Silana Le passo Genna Silana, le point le plus haut de mon périple en Sardaigne
(photo courir-lemonde.com)

Avec ma fidèle bicyclette au passo Genna Silana (photo courir-lemonde.com)

Depuis le col, les barres calcaires dominent le paysage (photo courir-lemonde.com)

Avant d’attaquer la descente vers Dorgali, je fis la rencontre d’un couple franco-suisse. Nous échangeâmes sur nos périples respectifs. Ces jeunes gens parcouraient l’Europe avec leur trafic afin de pratiquer l’escalade dans les plus beaux spots du continent. Plus tard, ils me confirmèrent que la route était barrée juste avant Dorgali à la suite d’un éboulement de rochers. Néanmoins, ils me conseillèrent de tenter ma chance car en vélo ça pouvait peut-être passer … Suspense ! 

C’est à la fois plein d’espoir et de doute que je me suis lancé dans la longue descente vers Dorgali. A huit kilomètres du lieu d’éboulement, je croisai des touristes italiens rencontrés précédemment au col. Ils me conseillèrent de faire demi-tour car la route était complètement coupée plus bas. Impossible de passer même avec un vélo d’après eux. Persuadé que je devais aller voir par moi-même, je n’en fis qu’à ma tête et je zappai le conseil de ces sympathiques retraités.

A la suite de belles courbes épousant parfaitement la montagne, j’atteignis la zone d’éboulement. Effectivement, la route était complètement coupée. Un rideau de barrières placées en travers de la route empêchait les voitures de passer.
Derrière les barricades, un monsieur s’affairait sur l’amas de rocaille qui avait défoncé la chaussée. Je n’avais pas cinquante options. Je devais aller le voir pour lui demander si je pouvais passer avec mon vélo.
A peine, avais-je fait part de ma requête que le jovial Pépé me répondit positivement. J’allais pouvoir traverser l’obstacle tant redouté. Un vrai soulagement !
D’une grande gentillesse, Pépé m’aida à transporter mes sacoches et mon vélo par dessus les rochers. Enchanté par cette nouvelle, je remerciai mon sauveur à de nombreuses reprises.

Alors que je m’apprêtais à le quitter, Pépé sortit du coffre de sa voiture de quoi festoyer ! Une bouteille de vin rouge du secteur accompagnée de saucisson et de fromage. En l’espace d’une vingtaine de minutes, j’étais passé d’une situation délicate à un moment fort de mon voyage. Magique. Grazie mille Pépé !
Tout en trinquant à cette belle rencontre, nous discutâmes dans un mélange d’italien, de français et d’anglais. D’amusantes photos couronnèrent ce chouette moment. Avant de se quitter, nous échangêames également nos coordonnés (quelques jours plus tard, je lui ai d’ailleurs envoyé une carte postale).

Derrière les barres calcaires, la mer se dévoile (photo courir-lemonde.com)

la rencontre de Pépé près de DorgaliAvec le génial Pépé rencontré près de Dorgali (photo courir-lemonde.com)

Dorgali La ville de Dorgali (photo courir-lemonde.com)

Euphorique à la suite de la rencontre de Pépé, la fin de ma journée fut joyeuse. Peu avant Dorgali, je bifurquai sur la droite vers Cala Gonone. C’est une très abrupte descente en lacets qui permet de rejoindre la station balnéaire phare du secteur. J’attaquai la descente avec l’objectif de trouver un endroit calme où planter la tente. A environ trois kilomètres de Cala Gonone, je m’enfonçai dans la pinède via un chemin pierreux. Quelques instants plus tard, je tenais mon spot pour le bivouac du soir.

Journée de repos à Cala Gonone 

C’est de très bonne heure que mon réveil sonna ce dimanche 12 mars. A 5h30 pour être exact ! Pourquoi si tôt ? En fait, je voulais assister au lever du soleil depuis Cala Gonone. Ma tente démontée et mon matériel rangé, je quittai la pinède où j’avais élu domicile pour rejoindre la station balnéaire située quelques kilomètres en contrebas. Dans la pénombre du matin, les couleurs du ciel étaient magistrales. Quelques minutes plus tard, j’assistai au lever du soleil depuis le front de mer. Un pur régal pour mes yeux qui s’en souviennent encore !

Arrivée très matinale à Cala Gonone (vidéo courir-lemonde.com)

Cala Gonone lever de soleilLever du soleil à Cala Gonone (photo courir-lemonde.com)

Cala Gonone lever du soleilMagnifique lever de soleil depuis Cala Gonone (photo courir-lemonde.com)

La suite de cette journée fut très « dolce vita ». Bronzette et lecture rythmèrent ma matinée à Cala Gonone. Puis, après avoir déjeuné d’un succulent panini mêlant fromages et aubergines, j’ai longé le littoral crénelé pour atteindre Cala Fuili, somptueuse crique aux eaux turquoises et limpides. 

Cala Gonone Le littoral du Parc National du Golfe d’Orosei – Genmaterdenu est jalonné de belles criques comme la cala Luna ou la cala Goloritze (photo courir-lemonde.com)

cala Fuili Cala Fuili près de Cala Gonone (photo courir-lemonde.com)

Camping sauvage dans la pinède près de Cala Gonone (photo courir-lemonde.com)

La fin de journée fut consacrée à la recherche d’un nouveau spot pour planter la tente. Comme la veille, c’est dans la pinède sur les hauteurs de Cala Gonone que j’installai mon campement. En revanche, cette fois-ci, j’étais nettement mieux camouflé entre les broussailles et les arbustes. Hormis la faune locale, je ne voyais pas trop qui allait venir m’enquiquiner ici. Une nouvelle fois, je rejoignis Morphée de bonne heure pour attaquer ma remontée vers le Nord de la Sardaigne en pleine forme à partir de demain.

Affaire à suivre dans le prochain article « de Cala Gonone à Palau, remontée de la côte Est sous le soleil »

Pour retrouver les articles précédents sur mon voyage à vélo en Sardaigne :

Une réflexion au sujet de « La Sardaigne en vélo : de Girasole à Cala Gonone, dolce vita dans le Parc National du Golfe d’Orosei – Gennargentu »

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