La Corse à vélo : entre mer et montagne de Bonifacio à Ajaccio via le col de Bavella

la Corse en véloAprès 18 jours de dolce vita en Sardaigne, j’ai arpenté le Sud de la Corse pendant une semaine (photo courir-lemonde.com) 

Après avoir parcouru la Sardaigne, j’ai achevé mon voyage à vélo par une semaine en Corse. Ainsi, j’ai arpenté la partie méridionale de l’île de beauté, de Bonifacio à Ajaccio en passant notamment par Porto Vecchio et le rude col de Bavella puis en longeant le littoral crénelé des golfes de Valinco Propriano et d’Ajaccio. En dépit d’une météo plus changeante, j’ai pu me délecter des magnifiques paysages du Sud de la Corse. Si j’y ai fait moins de rencontres qu’en Sardaigne, les Corses croisés en chemin furent souvent agréables et de bons conseils. Au total, j’ai parcouru 300 kilomètres entre mer et montagne sur les routes escarpées et sinueuses de la Corse.

Mes coups de cœur en Corse 🙂 

  • l’ascension du col de Bavella et ses 1 218 mètres d’altitude, le toit de mon périple
  • le secteur du golfe de Valinco Propriano : ses routes qui serpentent à flanc de montagnes le long du littoral, ses belles plages et ses magnifiques coins de nature
  • le bivouac sur la plage de Santa Giulia au Sud de Porto Vecchio
  • l’accueil à l’Office du tourisme de Propriano : professionnel et très aimable

corse a vélo

Voici le tracé de mes pérégrinations dans le Sud de la Corse
(réalisation courir-lemonde.com sur openrunner)

Etape 18 (seconde partie) : Bonifacio – plage de Santa Giulia (25 kilomètres) 

Mes retrouvailles avec la France ne furent pas très enjouées. Fourbu après une nuit en tente marquée par d’incessantes bourrasques de vent et une remuante traversée en ferry, ma barre d’énergie était bien entamée en accostant à Bonifacio. 

Malgré tout, j’entrepris une balade dans Bonifacio, la ville la plus méridionale de France métropolitaine. D’abord la ville basse établie autour du port puis la ville haute constituée d’une citadelle érigée sur des falaises calcaires. Le contraste avec les villages de Sardaigne fut saisissant. Terminé les habitations aux couleurs vives et pétillantes, place à des constructions en pierre, sobres voire presque austères. Néanmoins Bonifacio, du fait de sa situation géographique exceptionnelle, n’eut pas de mal à me conquérir.

Avant de poursuivre mon voyage à vélo, je déjeunai d’un burger et de frites dans un restaurant implanté à quelques pas du port de Bonifacio. Requinquant !

falaises calcaires de BonifacioLes falaises calcaires autour de Bonifacio (photo courir-lemonde.com)

BonifacioNiché sur un promontoire rocheux, la citadelle de Bonifacio est très apprécié par les touristes (photo courir-lemonde.com)

En début d’après-midi, je pris la direction de Porto Vecchio via la route T10 qui longe la côte orientale de la Corse jusqu’à Bastia. Alors que la pluie menaçait à Bonifacio, plus je me dirigeais vers le Nord et plus le ciel s’illuminait.
Quelques kilomètres avant Porto Vecchio, je bifurquai vers la plage de Santa Giulia. Rapidement, je décidai que cette somptueuse anse serait mon domicile pour la nuit à venir. Au fil des jours, j’étais de moins en moins hésitant dans le choix de mes lieux de campement.

La fin d’après-midi fut paisible. Je savourais ce cadre paradisiaque magnifié par le retour du soleil. Je fis également la rencontre d’une sympathique et jeune Corse : Béa. Avec grand plaisir, j’échangeai avec cette passionnée de sport et d’alimentation saine. Avant la tombée de la nuit, j’installai ma tente en retrait de la plage, camouflé sous un pin. 

la campagne corseEn Corse, la montagne n’est jamais loin (photo courir-lemonde.com) 

plage de Santa GiuliaBelle fin de journée sur la plage de Santa Giulia au Sud de Porto Vecchio
(photo courir-lemonde.com)

plage de Santa GiuliaBivouac légèrement en retrait de la plage (photo courir-lemonde.com)

Etape 19 : plage de Santa Giulia – Solenzara (65 kilomètres)

Cette nuit sur la plage de Santa Giulia me fit le plus grand bien. J’avais bien récupéré et au réveil, j’étais d’attaque pour ma dernière semaine d’aventure. Objectif du jour : la ville de Solenzara, située à environ 50 kilomètres de là. Sous le soleil, je déjeunai devant les eaux limpides du golfe de Santa Giulia avant d’enfourcher mon vélo.

En tout début d’étape, je fis un crochet d’une vingtaine de kilomètres pour découvrir la péninsule localisée au Sud-Est de Porto Vecchio. Sur le bord de la route, je rencontrai un sympathique policier à la retraite habitant la Corse depuis les années 1980. Nous discutâmes une bonne vingtaine de minutes. J’arpentai ce secteur de montagnes russes sans me presser et en faisant des pauses régulièrement.
A Porto Vecchio, j’effectuai quelques courses alimentaires et je postai plusieurs cartes postales destinées à mes proches et collègues de travail.

sandwich camembert

Le retour en France est bien marqué. La baguette de pain et le camembert sont de retour. Le lonzo (charcuterie) incarne la touche corse (photo courir-lemonde.com)

Depuis Porto Vecchio, j’atteignis Solenzara sans difficulté en dépit de quelques grimpettes ardues. Plutôt plaisant, le parcours longeait la Méditerranée et me proposait de jolis points de vue sur la côte légèrement échancrée. A Solenzara, je fis un détour par l’Office de Tourisme afin de prendre quelques informations à propos du col de Bavella que je comptais escalader le lendemain et pour recharger mes appareils électroniques.

Ensuite, je me mis à la recherche d’un lieu pour planter le bivouac. Je fis deux vaines tentatives dans des campings fermés. Un peu ronchons, les gérants ne souhaitaient pas m’accueillir malgré l’obole que je leur promettais en échange du service rendu. Finalement, c’est une nouvelle fois en retrait d’une plage que je trouvai mon bonheur. J’installai mon campement près d’un terrain de pétanque à l’abandon. Ma seconde soirée corse fut aussi calme que la première. Seul fait marquant, ma cartouche de gaz me lâcha avant que mes pâtes soient totalement cuites … Vive l’aventure !

cote est corseLa côte orientale de la Corse est moins spectaculaire que la façade occidentale
(photo courir-lemonde.com)

Bivouac sauvage à Solenzara (photo courir-lemonde.com)

Etape 20 : Solenzara – Propriano (75 kilomètres)

Mardi 21 mars. Le jour de l’ascension du toit de mon périple. Depuis Solenzara, 30 kilomètres d’escalade m’attendaient avant de venir à bout du redouté et redoutable col de Bavella (1218 mètres d’alt), rendu célèbre par les aiguilles qui le surplombent.
Si je ne conçois pas le voyage à vélo comme un enchaînement de défis cyclistes mais plutôt comme une façon de voyager à « vitesse humaine » en harmonie avec la nature, j’aime bien de temps en temps me concocter des journées sportives. Incontestablement, ce mardi 21 mars 2017 en fut une.

Levé vers 6h30, je pris mon petit-déjeuner sous une fine bruine face à la mer. En dépit d’une nuit une nouvelle fois mitigée, c’est avec motivation que j’abordais l’ascension du terrible col de Bavella. Cependant un brin d’appréhension et quelques interrogations trottaient dans mon esprit.

« Comment sera la pente ? »
« Mes développements seront-ils adaptés ? »
« Mon chargement n’est-il pas trop lourd ? »
« Dans quel état serais-je en haut ? »

Les étapes dans les montagnes sardes m’avaient donné quelques garanties mais seule la réalité du terrain pourrait y répondre.
Vers 8h30, j’enfourchai mon vélo lesté de sacoches et je partis à l’assaut du col de Bavella. Je l’atteindrais sur les coups de 13h00 au prix d’un violent effort notamment dans les huit derniers kilomètres où la pente fut comprise entre 7 et 11%. Retour en vidéos et en images sur cette épique ascension !

C’est parti pour l’ascension du col de Bavella (vidéo courir-lemonde.com)

col de bavellaLa rivière Solenzara m’a accompagné durant les premiers kilomètres du col
(photo courir-lemonde.com)


Portion très abrupte dans le col de Larone qui précède le col de Bavella
(vidéo courir-lemonde.com)

col de bavellaLa pente est très rude dans les ultimes kilomètres de l’ascension du col de Bavella
(photo courir-lemonde.com)

Les derniers hectomètres du col de Bavella. Euphorie et fatigue se mélangent dans le brouillard (vidéos courir-lemonde.com)

col de bavellaHeureux au col de Bavella (photo courir-lemonde.com)

A la suite d’une appréciable pause déjeuner, je repris ma folle chevauchée dans les montagnes corses. Désormais mon objectif était d’atteindre la côte occidentale de la Corse pour réaliser le « coast to coast » dans la même journée. Malheureusement, avant de poursuivre mon chemin, je n’eus pas le plaisir de contempler les somptueuses aiguilles de Bavella masquées par un épais brouillard.

L’après-midi fut plaisante. Quel bonheur de slalomer de lacets en lacets à vive allure après le labeur de l’ascension matinale. Rapidement, je rejoignis les villages de Zonza puis de Levie. Malgré les efforts consentis durant la matinée, je déroulais à une allure respectable tout en dégustant les beaux paysages corses.

Entre Propriano et Sartène, je fis un stop dans une supérette pour faire le plein d’eau. Une dame souriante m’indiqua, carte à l’appui, les jolis spots à découvrir dans le secteur. Sur ses conseils, je me dirigeai vers Belvédère-Campomoro. Finalement, c’est légèrement avant cette localité que je m’arrêtai, précisément sur la plage de Portigliolo que j’atteignis via un étroit chemin de terre. Pendant que des jeunes amoureux batifolaient dans les vagues, je dînai paisiblement sur la plage. Une fois le bivouac monté, je me faufilai dans mon abri pour ma 11 ème nuit consécutive en tente.

village corse

Le petit village de Mela se trouve entre Levie et Sartène (photo courir-lemonde.com)

plage de portiglioloDepuis Solenzara sur la côte Est, j’ai donc réussi à atteindre la côte Ouest de la Corse au terme d’une rude étape dans les montagnes corses. Ici la plage de Portigliolo, près de Propriano, où j’ai passé la nuit (photo courir-lemonde.com)

Etape 21 et 22 : Propriano – Coti-Chiavari (75 kilomètres)

Fatigué par l’étape marathon de la veille, la journée 22 mars fut calme. Depuis la plage de Portigliolo, je gagnai le centre-ville de Propriano. Une petite virée sur le port puis je fis un stop à l’Office du Tourisme. Dans un bâtiment flambant neuf, je fus chaleureusement accueilli et conseillé par deux femmes dynamiques. Nous échangeâmes pendant un bout de temps sur la Corse, mon périple à vélo et le travail de conseiller en séjour touristique. Chouette ! Je pus aussi recharger mes appareils électroniques et réserver une nuit dans une aire naturelle de camping située à une trentaine de kilomètres de Propriano.
A la mi-journée, je déjeunai d’une succulente salade à la terrasse d’un restaurant avant d’attaquer ma remontée vers Ajaccio.

restaurant propriano

Voyager à vélo et avec un petit budget n’empêche pas de faire des restaurants comme ici à Propriano (photo courir-lemonde.com)


porto polo corseLe littoral du golfe de Valinco près de Propriano (photo courir-lemonde.com)

La sortie de Propriano fut un poil dangereuse. Heureusement, quelques hectomètres plus loin, je troquais la très fréquentée nationale T40 pour une petite route bordant le golfe de Valinco Propriano. En dépit de son profil sinueux, cette portion littorale parsemée de criques fut plaisante.
Pour rejoindre l’aire de camping naturelle de Kiesale située sur la commune de Casalabriva, je traversai des paysages bucoliques composés d’une large palette de vert et de nombreux arbres en fleurs. Cela sentait bon la campagne !

Vers 17h00, j’atteignis l’aire de camping naturelle de Kiesale qui est tenue par les gérants du domaine viticole de Comte Abbatucci. J’installai ma tente dans un bel écrin de verdure et de nature. Ne m’étant pas lavé depuis cinq jours, je courus sous la douche pour goûter de nouveau plaisir de l’eau chaude et me débarbouiller. Comme de coutume, la fin de journée fut calme et consacrée au dîner puis à l’écriture du compte-rendu quotidien et à la lecture.

campagne corsePaysages de campagne entre Propriano et Ajaccio (photo courir-lemonde.com)

moutons sur la route Un troupeau de moutons guidé par un berger depuis sa voiture. J’affectionne tout particulièrement ses images très rurales (photo courir-lemonde.com)

bivouac natureBivouac dans l’aire naturelle de camping de Kiesale située sur la commune de Casalabriva au cœur de la vallée du Tavaro (photo courir-lemonde.com)

La nuit passée au milieu des oliviers fut reposante. Levé vers 8h00, je pris tout mon temps avant de quitter les lieux à 11h00. Dans un premier temps, je me dirigeai vers Porto Pollo. Les quinze kilomètres pour rallier la station balnéaire se firent en moins d’une heure. Sur la plage de Porto Pollo, je me posai pour déjeuner puis bronzer au soleil avant de poursuivre mon chemin vers le Nord.

porto polloSession bronzage sur la plage de Porto Pollo par 25°C (photo courir-lemonde.com)

Le menu de l’après-midi fut riche en montagnes russes et par conséquent en dénivelé. Mes jambes ont adoré 🙂
Tout d’abord, depuis Porto Pollo, j’atteignis le bourg de Serra di Ferro via une montée de quatre kilomètres. Puis jusqu’au hameau de Portigliolo, où j’ai passé la nuit, d’abruptes raidillons et de belles descentes se sont enchainés. Magnifique, le parcours serpentait le long de la corniche et m’offrait de beaux points de vue malgré le ciel un peu voilé. Les paysages et la végétation du coin me rappelaient par moment ceux de l’archipel des Açores. Sur la route, je rencontrais quelques Corses mais globalement j’attirais moins l’attention qu’en Sardaigne.

Dans le village de Portigliolo (commune de Coti-Chiavari), j’élus domicile en retrait de la plage sur un terrain vague, caché par quelques arbustes et broussailles. Alors qu’en Sardaigne, j’aimais demander à des locaux la permission de planter ma tente dans leur jardin, en Corse je n’avais pas le bon feeling pour cela et de fait presque chaque soir, le camping sauvage s’imposait de lui même.

Plantation d’Aloé Vera dans le village de Serra-di-Ferro (photo courir-lemonde.com)

Capu Di Muru

Le Capu di Muru marque la délimitation entre les golfes de Valinco Propriano et d’Ajaccio
(photo courir-lemonde.com)

Etape 23 et 24 : Coti-Chiavari – Ajaccio (60 kilomètres)

Au matin de ce vendredi 24 mars, je sentis la fin de mon aventure poindre le bout de son nez. Ajaccio, terminus de mon voyage à vélo n’était plus qu’à quelques coups de pédale. D’ailleurs, depuis la veille, j’apercevais, au loin, la préfecture de la Corse du Sud.

Sous le soleil, les premiers kilomètres du jour furent une promenade de santé de plages en plages le long du golfe d’Ajaccio. A la suite d’un bon pique-nique sur la plage de Porticcio, la quinzaine de kilomètres jusqu’à Ajaccio fut nettement plus sportive surtout lorsque je fus contraint d’emprunter la rocade de la ville en compagnie de bolides évoluant à plus de 110 km/h.
Conseil pour le franchissement des grandes villes : si possible, traversez les pendant les heures creuses. 

golfe ajaccioLe littoral est découpé dans le secteur de Coti-Chiavari (photo courir-lemonde.com)

corse à véloAjaccio n’est plus très loin. Mon périple méditerannéen se termine en douceur de plages en plages (photo courir-lemonde.com)

En début d’après-midi, j’atteignis le terminus de mon périple cyclonomade. En déambulant dans les rues d’Ajaccio, la satisfaction du « voyage accompli » triomphait de la déception liée à la fin de cette chouette épopée solitaire. La satisfaction d’avoir vécu mon périple à 100% depuis Porto Torres. Le bonheur associé aux belles rencontres effectuées sur les routes de Sardaigne et de Corse. Et enfin, la jouissance d’avoir poussé l’aventure à un seuil que je n’avais jamais atteint jusqu’alors.

ajaccioMon vélo, désormais baptisé Pepète par mon ami Aurélien, à Ajaccio
(photo courir-lemonde.com) 

iles sanguinairesL’archipel des Sanguinaires depuis la Pointe de la Parata. Ce chapelet d’îles se trouve à une dizaine de kilomètres d’Ajaccio (photo courir-lemonde.com)

pietra ajaccio Je ne pouvais pas quitter l’île de beauté sans boire une Pietra, la célèbre bière corse
(photo courir-lemonde.com)

Néanmoins, mon aventure n’était pas complètement terminée puisque je prenais le ferry pour Toulon le lendemain en début de soirée. Après plusieurs pauses dans le centre-ville d’Ajaccio, je suivis la route des Sanguinaires jusqu’à la pointe de la Parata. Une dizaine de kilomètres plus loin, j’atteignis cette dernière et je pus contempler l’archipel des îles Sanguinaires, cher à l’écrivain Alphonse Daudet.

Session bronzage, lecture, écriture, tri des photos, repas et installation du bivouac rythmèrent la fin de ma journée. Le coucher du soleil sur le golfe d’Ajaccio fut joli mais un peu gâché par l’arrivée des nuages.
Malgré le fort vent, je fis l’erreur de planter la tente sur la plage. Emmitouflé dans mon duvet, j’eus beaucoup de mal à fermer l’œil à cause des bourrasques frappant ma toile de tente. Cependant, je relativisais en pensant à la formidable aventure que j’avais vécu pendant près d’un mois en Sardaigne et en Corse.

Pour retrouver les articles précédents sur mon voyage à vélo en Sardaigne :

Une réflexion au sujet de « La Corse à vélo : entre mer et montagne de Bonifacio à Ajaccio via le col de Bavella »

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