La Sardaigne en vélo : de Cala Gonone à Palau, remontée de la côte Est sous le soleil

Isola TavolaraL’île de Tavolara depuis Porto Taverna (photo courir-lemonde.com)

Du 13 au 15 mars, j’ai longé la côte orientale de la Sardaigne du Sud vers le Nord. De Cala Gonone à Palau, j’ai parcouru 170 kilomètres sous un soleil étincelant. Si le littoral est davantage bétonné qu’ailleurs sous l’effet du tourisme de masse, il offre tout de même de belles plages et des criques aux eaux translucides et turquoises. 

Mes coups de cœur sur la côte Est de la Sardaigne 🙂 

  • le bivouac à Capo Comino avec Sebastien, cyclovoyageur rencontré ce jour là 
  • l’île rocheuse de Tavolara qui fait face à Porto Taverna 
  • se baigner et par la même occasion se doucher dans la mer Méditerranée à Budoni

parcours Sardaigne côte Est Mon itinéraire sur la côte orientale de la Sardaigne
(réalisation courir-lemonde.com sur openrunner) 

Etape 12 : Cala Gonone – Capo Comino (55 kilomètres)

Comme souvent ce sont les premières lueurs du jour qui me sortirent de mon duvet vers 7h00. La nuit avait été qualitative seulement perturbée par l’arrivée soudaine d’un robuste animal (probablement un sanglier) autour de ma tente en milieu de nuit. L’espace d’un instant, je crus presque à un tremblement de terre tant son approche avait été violente. Pendant plusieurs secondes, je l’entendis respirer très fort avant qu’il reparte d’un pas sourd dans les fourrés … 

L’escalade des raides lacets pour atteindre Dorgali fut le premier temps fort de ma journée. Rien de tel qu’une suée de bon matin pour se mettre en jambes. Une fois en haut, j’ai pu profiter de jolis panoramas sur Dorgali et son environnement calcaire avant d’effectuer des courses très fruitées.

DorgaliLa ville de Dorgali (photo courir-lemonde.com)

Ensuite, je pris la direction de Galtelli, localité située légèrement dans les terres au pied d’un imposant piton rocheux. Je flânai un peu dans les ruelles de ce pittoresque bourg hérité du Moyen Âge. Dans cette même bourgade un homme renfloua mes provisions de mandarines en m’en offrant généreusement une bonne poignée. 
Une petite dizaine de kilomètres plus loin, j’atteignis Orosei, où je fis une halte dans un café pour d’une part me désaltérer et d’autre part recharger mes appareils électroniques qui montraient des signes de fatigue. A Orosei, j’ai déjeuné d’un panini et de fruits avant de poursuivre ma remontée vers le Nord.

En cours de route, j’ai évité de justesse une piqûre de guêpe grâce à un habile réflexe. Plus de peur que de mal !
Relativement platoniques, les paysages traversés n’avaient pas le charme de ceux du Parc National du Golfe d’Orosei – Gennargentu ou des étendues vallonnées de la région de Bosa. De plus, je ressentis grandement le caractère saisonnier de ce secteur où la plupart des commerces ouvrent uniquement durant la période estivale lorsque les complexes hôteliers et les camping du coin affichent complet.

Kiwis, bananes et mandarines, le trio gagnant du séjour (photo courir-lemonde.com)

Le bourg médiéval de Galtelli est doté d’élégantes ruelles pavées
(photo courir-lemonde.com)

oroseiPetite pause à Orosei (photo courir-lemonde.com)

Paysages dans le secteur d’Orosei (photo courir-lemonde.com)

Étendues sauvages près de Capo Comino (photo courir-lemonde.com)

La fin de journée approchant, je me mis en quête d’un lieu pour passer la nuit. J’avais envie de renouer avec le camping dans le jardin d’un local après deux nuits consécutives de bivouac sauvage. Le contact humain me manquait !
Sur la gauche de la route, j’aperçus un corps de ferme. Mon instinct m’incita à le rejoindre. Via un chemin terreux et bosselé, j’atteignis les quelques habitations. Malheureusement personne n’était dehors ! Au bout de quelques minutes, une voiture pilotée par une femme souriante s’arrêta devant moi. Je lui formulai ma demande dans un italien apparemment compréhensible. En réponse, elle me conseilla de planter la tente au Capo Comino à cinq kilomètres de là. Elle me décrit “un cadre sauvage où personne ne viendra me déranger”. Direction le Capo Comino ! 

A peine deux kilomètres plus loin, je fis la rencontre de Sébastien, un Français qui se rendait en Sicile avec sa bicyclette. C’était le premier voyageur à vélo que je croisais en Sardaigne. Après quelques mots échangés, nous décidâmes de bivouaquer ensemble au Capo Comino comme me l’avait suggéré la sympathique Sarde rencontrée quelques minutes auparavant. Et elle ne m’avait pas menti, c’était un spot rêvé pour planter la tente. 

Tout en discutant, nous installâmes joyeusement notre campement dans ce bel écrin de nature. Le cadre était paisible et propice à la détente. Face à la mer, nous trinquâmes avec deux bières. Nous passâmes une chouette soirée à échanger. Nettement plus expérimenté que moi, il me conta notamment l’épopée cyclonomade qui l’avait conduit jusqu’en Arménie, son pays d’origine.

Bivouac de rêve au Capo Comino entre cyclovoyageurs
(photo courir-lemonde.com)

Bivouac à Capo Comino Belle fin de journée avec Sébastien au Capo Comino (photo courir-lemonde.com)

Etape 13 : Capo Comino – Porto Taverna (55 kilomètres)

Bercé par le clapotis des vaguelettes, j’ai passé une nuit correcte au Capo Comino. Au réveil, le soleil scintillait dans le ciel sarde pour la 7 ème journée de rang. Quel bonheur ! Après le démontage de nos tentes respectives, nous prîmes notre petit-déjeuner face à la mer avant de nous quitter. Sébastien poursuivit son chemin vers Cagliari où le ferry pour la Sicile l’attendait. Quant à moi, je repris mon errance en direction du Nord de la Sardaigne en vue d’atteindre la Corse d’ici la fin de semaine. 

Comme la veille, le parcours du jour fut plutôt roulant. Malgré le profil favorable, c’est à une allure modérée que je progressais le long d’une côte moins dentelée que les jours précédents. En retrait du littoral de nombreuses zones de marais complétaient le décor. En ce qui concerne les villes et villages du secteur, ils ne tiennent pas la comparaison avec les joyaux de la côte occidentale que sont Alghero, Bosa et Stintino par exemple.

plage de Caletta Petite pause sur la plage près de la Caletta (photo courir-lemonde.com)

Marécages en retrait du littoral (photo courir-lemonde.com)

Je pris mon déjeuner sur la grande plage de Budoni. En dépit des conditions presque estivales, celle-ci était totalement déserte. Ne m’étant pas douché depuis quatre jours, j’étais bien tenté de faire un saut dans la mer pour me rincer. Quelques instants plus tard, je pataugeais, à poil, dans les eaux fraîches de la Méditerranée. Revigorant et exaltant !

Après ce vivifiant bain de mer, je poursuivis mon chemin vers le Nord, toujours en longeant le littoral. A San Teodoro, je fis une pause pour acheter et écrire des cartes postales. Elles étaient destinées à deux adorables Sardes rencontrés pendant mon périple : Giancarlo et Pépé !

Baignade validée près de Budoni (photo courir-lemonde.com)

Comme de coutume, la fin de journée fut consacrée à la recherche d’un lieu pour planter le bivouac. A la suite d’un crochet par le Copa Coda Cavallo (colonisé par des résidences touristiques) où je n’avais pas trouvé de spot idyllique, j’élus domicile sur la plage de Porto TavernaSublimé par le ciel habillé d’une majestueuse palette de couleur, le site revêtait un caractère magique. 

J’installai ma tente sous un rudimentaire abri de plage. Si le bivouac de la veille avec Sébastien au Capo Comino était magnifique, celui-là face à l’imposante et rocailleuse île de Tavolara était du même acabit.
La suite de la soirée fut très calme : repas, écriture du récit quotidien et lecture avant de me coucher sous le regard de la pleine lune.

Isola TavolaraL’île de Tavolara depuis la plage de Porto Taverna (photo courir-lemonde.com)

Recherche d’un lieu pour bivouaquer à Porto Taverna (vidéo courir-lemonde.com)

Porto Taverna / Isola Tavolara Heureux devant l’île de Tavolara (photo courir-lemonde.com) 

Etape 14 : Porto Taverna – Palau (60 kilomètres)

Ma nuit sur la plage de Porto Taverna fut mitigée. Cependant la présence du soleil et les paysages magnifiques autour de moi atténuaient la sensation de fatigue. Le début de cette nouvelle étape ne fut guère intéressant.

Pour atteindre l’extrême Nord de la Sardaigne, je devais traverser Olbia, l’un des principaux centres urbains de l’île. Or, à vélo, les contournements d’agglomérations ne sont jamais une partie de plaisir car ils sont synonyme de cohabitation avec des véhicules qui roulent à très vive allure.
Malgré le trafic assez dense et un passage obligé sur la rocade, l’obstacle Olbia fut passé sans encombre et sans trop de frayeur. En revanche, le franchissement d’Olbia m’obligea a maintenir un rythme très soutenu pendant près de 20 kilomètres. De quoi me mettre en jambes pour la suite de la journée !

C’est sous cet abri de plage que j’avais planté ma tente (photo courir-lemonde.com)

Une dizaine de kilomètres au Nord de Olbia, j’étais bien content de retrouver une route plus calme, davantage plaisante pour le voyageur à vélo. A partir de la petite localité de Cugnana, j’ai longé une très jolie côte agrémentée de petites criques aux eaux limpides. Des paysages presque paradisiaques !

Ensuite, je repris mon chemin en direction de San Pantalao. J’avais lu dans mon guide, que ce bourg situé sur les hauteurs méritait un détour. J’atteignis le pittoresque village au prix d’un bel effort.
Cerné d’éperons granitiques, San Pantalao est en effet, de mon point de vue, le plus charmant village du secteur. A la terrasse d’un snack, je déjeunai d’une pizza pendant que mon téléphone portable se rechargeait. Comme souvent, j’attirai la curiosité des locaux avec mon vélo lesté de lourdes sacoches.

Massif montagneux près de San Pantaleo au Nord de Olbia (photo courir-lemonde.com)

Rocher aux formes étranges près de San Pantaleo (photo courir-lemonde.com)

San PantalaoPetite halte à San Pantaleo (photo courir-lemonde.com)

Depuis San Pantalao, il me restait une petite trentaine de kilomètres à parcourir pour rallier Palau. Hormis quelques légères déclivités, mon parcours sur le littoral de la très touristique Costa Smeralda fut plat.
La Costa Smeralda est de loin la côte la plus bétonnée de Sardaigne. En été, les touristes y viennent par milliers, c’est pourquoi les complexes hôteliers y sont présents en masse. Les stations balnéaires de Porto Cervo ou Porto Rotondo sont des lieux très fréquentés et prisés de la jet set européenne. Ce secteur, je l’ai surnommé “la Sardaigne des vacances” car il n’a vraiment rien à voir avec le reste de l’île nettement plus authentique.

A la suite d’une belle promenade le long de la mer turquoise, j’atteignis le Capo d’Orso, un promontoire rocheux en forme d’ours. J’y fis la rencontre d’un couple d’Allemands qui, d’un coup de bicyclette, était venu admirer ce rocher à la forme surprenante. Roland est un professeur de français à la retraite. Quand à Christa, sa conjointe, elle avait enseigné l’anglais au collège. Ensemble, nous prîmes la direction du camping de Palau, où ils avaient installé leur camping-car et où je comptais passer la nuit. Encore une très chouette rencontre 🙂

Costa Smeralda Le littoral de la Costa Smeralda (photo courir-lemonde.com)

Emplacement idéal au camping de Palau (vidéo courir-lemonde.com)

Ma fin de journée au camping de Palau fut paisible. Bien installés dans les confortables transats de mes nouveaux amis, nous discutâmes de nos aventures et de nos vies respectives autour d’un verre. Après ça, je partis jouir de ma première véritable douche depuis cinq jours. Reconstituant 🙂
Par la suite, j’installai mon campement puis je dînai de délicieuses pâtes face à la mer et l’archipel de Maddalena que j’avais l’intention d’explorer le lendemain …

Affaire à suivre dans le dernier article consacrée à la Sardaigne “l’archipel de Maddalena et derniers tours de roues en Sardaigne entre Palau et Santa Teresa Gallura”

Pour retrouver les articles précédents sur mon voyage à vélo en Sardaigne :

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