La Sardaigne en vélo : de Alghero à Zeppara via la magnifique ville de Bosa, la belle aventure se poursuit

 

Bosa et ses maisons coloréesBosa, l’un de mes gros coups de cœur en Sardaigne (photo courir-lemonde.com)

Du 4 au 6 mars, j’ai parcouru la partie Centre-Ouest de la Sardaigne. Depuis Alghero, j’ai atteint la petite localité de Zeppara où le sympathique Giorgio m’a accueilli chez lui. Via Bosa et la région de Oristano, j’ai traversé des jolis villages et découvert un littoral extrêmement varié. Au total, en trois étapes, j’ai effectué environ 170 kilomètres. 

Mes coups de cœur dans le Centre-Ouest de la Sardaigne 🙂 

  • la vivante et colorée ville de Bosa 
  • la rencontre de Giorgio qui m’a spontanément invité à dormir chez lui 
  • la route sinueuse entre Alghero et Bosa 
  • le village de Modolo et sa vallée pleine d’oliviers et de vignes 

Mon itinéraire dans la partie occidentale de la Sardaigne
(réalisation courir-lemonde.com sur openrunner)

Etape 4 : Alghero – Bosa (40 kilomètres) 

Ma nuitée dans la maison prêtée par Leilei fut bonne. J’étais content d’avoir dormi à l’abri car l’orage avait grondé en fin de nuit. Vers 10h00, je quittai les lieux en prenant le soin de laisser la maison comme je l’avais trouvé et de remettre les clefs là où Leilei me l’avait indiqué. Je pris également le temps d’écrire un mot à mon hôte pour le remercier de sa confiance et de sa gentillesse. Grazie mille Leilei ! 

En ce samedi 4 mars, les conditions météorologiques étaient incertaines. Un fort vent soufflait de la mer tandis que le ciel était nébuleux. Je m’attendais à une matinée délicate car en plus de la mauvaise météo, le parcours promettait d’être très vallonné sur la quarantaine de kilomètres qui séparent Alghero et Bosa. D’entrée de jeu, je fis balancé par les bourrasques de vent et confronté à de belles grimpettes ce qui me mit rapidement dans le bain.

La côte sauvage près d’Alghero en début d’étape (photo courir-lemonde.com)

Entre Alghero et Bosa, le littoral est très découpé (photo courir-lemonde.com) 

La suite de l’étape fut du même acabit. Gêné par de violentes rafales de vent, c’est à une allure réduite que je progressais à travers ces paysages escarpés et peu anthropisés. Dans les ascensions, je veillais à faire preuve de régularité pour ne pas me mettre en péril. Malgré tout, l’effort était intense et afin d’éviter la fringale je faisais souvent des pauses pour m’alimenter et boire le peu de liquide qu’il me restait. Hormis mes deux bidons que j’avais pu remplir chez Leilei, je n’avais plus de réserve … Heureusement je n’avais qu’une quarantaine de kilomètres à parcourir !

Lentement mais surement, j’avançais tant bien que mal, triomphant d’Éole et du relief à la force des cuisses et des mollets. Je me rapprochais de Bosa que j’espérais atteindre avant 13h00 pour y faire des courses (beaucoup de supermarchés ferment de 13h00 à 16h00 en Italie). Je profitai de ma lenteur pour contempler les magnifiques paysages qui m’entouraient. Incontestablement, c’est l’un des avantages du voyage à vélo. A « vitesse humaine », le voyageur a le temps de s’imprégner des paysages qui l’encerclent.

A la suite d’une ascension de près de quatre kilomètres, j’atteignis un plateau d’où la vue était grandiose. Je devais me trouver à au moins 350 ou 400 mètres d’altitude, preuve de l’important dénivelé avalé durant la matinée. Après ça, une longue et plaisante descente m’échoua à six kilomètres de Bosa qui me tendait les bras. Les jambes étaient très lourdes et l’envie de boire pressante. J’avais parcouru seulement 35 kilomètres mais j’avais l’impression d’en avoir effectué le double tant le dénivelé avait été important avec ces montagnes russes. Après une ultime côte, j’aperçu Bosa dans la vallée. C’était gagné et l’euphorie m’envahit (cf vidéo).

Troupeau de moutons à flanc de falaise (photo courir-lemonde.com)

La côte rocheuse près de Bosa (photo courir-lemonde.com)

Moment d’euphorie avant d’arriver à Bosa
(vidéo courir-lemonde.com)

A la suite de quelques courses dans un supermarché situé en périphérie de Bosa, je me régalai d’un véritable festin à base de pommes de terre, de cuisses de poulet, de poissons et de lasagnes … Affamé le garçon !!!

Rassasié, je pris la direction du centre-ville de Bosa avec en tête la mission de dénicher un logement pour y déposer mes affaires puis y passer la nuit. Via le site airbnb, je trouvai la guesthouse « La Torre di Alice ». Situé dans le centre-ville et à un prix abordable, je jetai mon dévolu sur cet hébergement tenu par le sympathique Marco. Par la suite, une promenade dans le dédale de ruelles sinueuses et colorées que constituent Bosa s’imposa. Un vrai coup de cœur !

Aperçu de Bosa depuis le fleuve qui traverse la ville (photo courir-lemonde.com)

Le centre-ville de Bosa propose un dédale de ruelles étroites et pittoresques dans lesquelles il fait bon se perdre (photo courir-lemonde.com)

Ruelle typique de Bosa (photo courir-lemonde.com)

Bosa et ses élégantes habitations de couleur (photo courir-lemonde.com)

Petit verre de Malvoisia, la spécialité du secteur de Bosa (photo courir-lemonde.com)

De retour dans ma chambre après une chouette balade dans Bosa, la fin de journée fut consacrée à alimenter mon carnet de notes quotidiennes et à réfléchir à l’étape du lendemain tout en regardant un match de basket-ball de l’équipe sarde de Sassari. Je profitai également de la connexion wifi pour poster quelques photos de Sardaigne sur la page facebook de Courir Le Monde

Etape 5 : Bosa – Mari Ermi (65 kilomètres)

Ragaillardi par une excellente nuit et un copieux petit déjeuner, j’enfourchai mon vélo sur les coups de 10h00 en direction du Sud. Ce matin là, il y avait de l’animation dans Bosa car une compétition de VTT se déroulait dans les tortueuses ruelles de la ville.
C’est par une route très accidentée que je quittai Bosa. Tout en grimpant, je profitai de derniers panoramas sur cette chouette ville qui figure parmi mes coups de coeur en Sardaigne. Concernant la météo, nuages et éclaircies se livraient un duel indécis, arbitré par un vent plus faible que la veille.

Via une route bucolique, je pris la direction du village de Modolo. Ce n’était pas ce que j’avais prévu mais les élégants champs d’oliviers et de vignes eurent raison de mes prévisions de la veille. Dès lors, je vagabondai avec ma fidèle bicyclette dans une verdoyante vallée encerclée de collines. En chemin, je croisai quelques cyclistes, seuls ou en groupe qui effectuaient leur sortie dominicale dans ces paysages aux allures de Toscane.

Depuis Modolo, j’eus une abrupte et longue côte à escalader pour atteindre le village de Magomadas. Les kilomètres suivants jusqu’à la localité de Sennariolo étaient davantage plats ce qui me permis de récupérer du début d’étape très pentu. Juste avant de déjeuner, une nouvelle grimpette de quatre kilomètres pour rejoindre Cuglieri me mit définitivement en appétit.

Située à quelques kilomètres de Bosa, la vallée dans laquelle se trouve le village de Modolo m’a particulièrement enchanté (photo courir-lemonde.com)  

Le village de Modolo (photo courir-lemonde.com)

Fresque murale du côté de Magomadas (photo courir-lemonde.com)

Vieille et élégante voiture italienne à Sennariolo (photo courir-lemonde.com)

Petite sieste en plein air pour ce cheval (photo courir-lemonde.com) 

Depuis Cuglieri, le parcours fut très descendant jusqu’à la station balnéaire de S’Archittu dotée ses belles falaises calcaires. Sans forcer, les kilomètres défilaient rapidement. Pendant ce temps, le soleil vint définitivement à bout des derniers nuages matinaux.

De retour sur la côte après une incursion dans les terres (photo courir-lemonde.com)

A une quinzaine de kilomètres de Oristano, je bifurquai sur la droite vers la péninsule de Sinis. Sauvages et platoniques, les paysages étaient différents de ceux du début d’étape. Ainsi, j’avais davantage l’impression de me trouver en Camargue qu’en Sardaigne. Paisiblement, je déroulais à une allure modérée de l’ordre de 15 km/h à travers ces étendues peu peuplées. Seules quelques résidences secondaires et exploitations agricoles jouxtaient les étangs et marécages du secteur.

Vers 16h00, je me mis en quête d’un lieu pour passer la nuit tout en poursuivant ma balade à vélo. J’étais partagé entre le camping sauvage et planter la tente dans un jardin. Tout à coup, j’aperçus un homme en train de jardiner autour de sa maison. C’était la même configuration que lors de mes heureuses rencontres avec Giancarlo à Stintino et Leilei près d’Alghero. En effet, les personnes qui jardinent sembleraient avoir une propension plus élevée à laisser des voyageurs planter la tente dans leur jardin … Alors jamais deux sans trois ? 🙂 Et bien non puisque ce dernier refusa gentiment et m’indiqua un camping (qui en réalité était fermé) pas très loin d’ici.

Je pris alors la direction de la côte en vue de trouver un spot isolé près d’une plage.  Après m’être fait courser sur plusieurs mètres par un chien qui veillait sur son troupeau, j’atteignis Mari Ermi sur le littoral. Quelques promeneurs s’y baladaient mais le coin semblait très calme surtout à cette période là de l’année. Adéquat pour du camping sauvage ! Après un repérage à pied, j’installai mon campement derrière des toilettes publics à l’abri du vent qui soufflait modérément en ce début de soirée. Je dînai tranquillement avant de m’emmitoufler dans mon sac de couchage pour une nuit que j’imaginais paisible. La réalité fut un poil différente de mes espérances …

La plage très sauvage de Mari Ermi. C’est en retrait de celle-ci que j’ai passé la nuit
(photo courir-lemonde.com)

Dormir en tente quand le vent souffle très fort … une expérience délicate
(vidéo courir-lemonde.com)

Etape 6 : Mari Ermi – Zeppara (70 kilomètres)

Comme vous pouvez vous en douter ma nuit à Mari Ermi ne fut pas reconstituante. Heureusement, le vent avait molli en fin de nuit et j’avais pu dormir un peu. Vers 6h30, j’étais déjà dehors. Je démontai mon campement  pour éviter d’être vu étant donné que le camping sauvage ne semble pas autorisé en Sardaigne. En dépit de ma médiocre nuitée, j’étais motivé pour cette nouvelle journée qui devait n’emmener vers le centre de la Sardaigne. Une nouvelle fois, je savourai mon petit-déjeuner avec l’arrivée du soleil avant de reprendre mon errance cyclonomade.

Le bivouac du côté de Mari Ermi (photo courir-lemonde.com) 

Le troupeau est bien gardé (photo courir-lemonde.com) 

La côte près du site archéologique de Tharros sur la péninsule de Sinis
(photo courir-lemonde.com) 

Une quinzaine de kilomètres plus tard, j’atteignis San Giovanni di Sinis et le site archéologique de Tharros (fondé par le Phéniciens) tout au Sud de la presqu’île de Sinis. Sauvage, la côte était constituée de dunes herbeuses, de belles plages et de quelques falaises. Je fis une longue pause pour admirer ce joli spot. Ensuite, porté par le vent favorable, je pris la direction de Cabras où je fis quelques courses alimentaires en prélude du déjeuner.

Pendant que le ciel se nappait de nuages, je me dirigeai vers Oristano, la principale agglomération du secteur avec près de 35 000 habitants. Son contournement ne fut pas évident car pour une ville de taille moyenne, la circulation était plutôt dense à la mi-journée. A l’aide de ma carte, des panneaux directionnels et avec un zeste de bon sens et une bonne dose de vigilance, cet obstacle urbain fut passé sans encombre.

A présent, je roulais en direction de l’Est sur des routes rectilignes assez fréquentées. Je maintenais un rythme élevé, aidé par le vent qui caressait mes épaule et porté par des jambes qui répondaient de mieux en mieux au fil des jours. Je traversai les localités de Simaxis et de Siamanna avant d’atteindre Villaurbana où je fis une longue pause sur l’une des placettes du village. Avant de remonter sur mon vélo, le ciel s’assombrit davantage. Je sentais que j’allais me faire rincer dans les prochains kilomètres …

Champ de moutons entre Tharros et Cabras (photo courir-lemonde.com) 

Paysages très verdoyants dans la campagne sarde près de Oristano
(photo courir-lemonde.com)

Sur la sinueuse route qui relie Villaurbana et Usellus, je fus comme pressenti trempé par une violente averse (la première et la dernière du périple). Après quelques minutes à rouler sous les trombes d’eau, je m’abritai sous un arbre situé sur le bord de la route. Une vingtaine de minutes plus tard, cet épisode pluvieux était passé et j’atteignis la bourgade d’Usellus presque sec.

La météo étant incertaine, je n’avais pas envie de planter la tente ce soir. De fait, mes recherches de logement se portaient sur des Bed and Breakfast. Néanmoins, je me situais dans une zone très rurale et peu touristique et j’en trouvai qu’un seul à Usellus. Mes coups de sonnette et appels restaient sans réponse et après plusieurs tours dans le village, je pris la décision de me rendre dans le village d’Escovedu quelques hectomètres en contrebas.
La situation pouvait paraître délicate mais au fond de moi je pensais que ces médiocres conditions météorologiques couplées à la faible densité de Bed and Breakfast dans le secteur allaient m’ouvrir les portes d’un chaumière.

Le déclic arriva dans une petite supérette d’Escovedu. J’expliquais ma situation à l’employé du supermarché puis celui-ci me donna des numéros de téléphone de Bed and Breakfast. Comme à Usellus, mes tentatives restaient sans réponse … Un signe ?

Quelques minutes plus tard, Giorgio, un client du supermarché s’immisça dans la conversation que je tenais avec le très sympathique employé du magasin. Voyant ma difficulté pour trouver un Bed and Breakfast, ce Giorgio me proposa spontanément de venir dormir chez lui … SUPER !!!
Mon intuition avait vu juste et les signes avaient parlé ! 

Bienvenue chez Giorgio et ses amis les chats (photo courir-lemonde.com) 

Simplement heureux, je jetais mes dernières forces dans la bataille pour suivre, à vélo, Giorgio jusqu’à Zeppara (à 5 kilomètres) où demeure ce chouette Sarde. Transcendé par cette situation inédite, je jubilais et je réalisais à quel point ne rien réserver en amont conduit à la grande Aventure et à de belles rencontres.
Après Kiko sur l’île Lanzarote avec Aurélien, Georgi en Bulgarie avec Arnaud, j’allais partager le toit d’un local. La soirée s’annonçait excellente !

Le chef est aux fourneaux (photo courir-lemonde.com) 

Quel régal ce repas concocté par Giorgio (photo courir-lemonde.com)

Giorgio qui m’a spontanément invité à passer la nuit chez lui (photo courir-lemonde.com) 

La soirée chez Giorgio fut très bonne. Il me conta ses excursions au Qatar dans le cadre de son travail ainsi que sa passion pour les femmes et la Sardaigne. Il me montra des photos de famille et me fit gouter à son huile d’olive faite maison. L’atmosphère était détendue. De mon côté je le remerciai pour son hospitalité et lui expliqua mon voyage à vélo à travers la Sardaigne. D’ailleurs, Giorgio me conseilla un itinéraire pour la suite de mon aventure.  Le repas que mon hôte concocta fut succulent et typiquement sarde : spaghettis à la carbonara accompagnées de charcuteries, de fromages sardes et d’une bière. Des discussions rigolotes dans un mélange d’anglais et d’italien alimentèrent le festin.

Après 6 jours de périple en Sardaigne, le bilan était excellent. Enthousiaste, j’avais bien l’intention de poursuivre mon aventure à vélo sur la même tonalité. 

Affaire à suivre dans le troisième article « de Zeppara à Girasole, objectif côte Est via les montagnes sardes ».

Pour retrouver les articles précédents sur mon voyage à vélo en Sardaigne :

3 réflexions au sujet de « La Sardaigne en vélo : de Alghero à Zeppara via la magnifique ville de Bosa, la belle aventure se poursuit »

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