1 er épisode saison 2015 : le trail nocturne du vignoble nantais (22,4 km)

Excellente forme sur le trail nocturne du vignoble nantais : de très bon augure à deux semaines du marathon de Barcelone 

départ nocturneLe départ du trail nocturne (photo  http://www.trailduvignoblenantais.fr/)

Placé deux semaines avant le marathon de Barcelone, le trail nocturne du vignoble nantais faisait office de dernier test grandeur nature avant mon premier objectif de la saison.  D’ailleurs, beaucoup m’ont dit que cette épreuve était un peu trop rapprochée de ce dernier. Ils ont certainement raison. Cependant, après l’avoir manqué à plusieurs reprises ces dernières années, je souhaitais vraiment faire ce trail réputé dans la région et m’en servir comme ultime test avant Barcelone. Par ailleurs, ce trail annonçait mes retrouvailles sportives avec mon comparse Aurélien. Un nouveau duel qui sur le papier s’annonçait très indécis puisque après m’avoir sèchement battu en triple effort fin septembre, j’avais remis les pendules à l’heure au cross de la Chapelle sur Erdre, mi décembre. Il y avait donc de la revanche dans l’air et cette nouvelle manche de la bataille Breg/Chap promettait d’être serrée et âpre comme elle le fut notamment sur le dantesque Menestrail de Moncontour (33 km) il y a un peu plus d’un an.  

Avant-course : 

parcours

    Ce trail nocturne était constitué de trois boucles différentes (photo http://tracedetrail.fr/fr/trace/trace/6119)

Il était un peu plus de 18h15 lorsque Aurélien me retrouva devant mon domicile carquefolien. Le ciel était très grisâtre en ce début de soirée ce qui n’annonçait pas une météo très clémente pour le trail nocturne. D’ailleurs, lorsque l’on prit la route en direction de la commune du Landreau, localisée à une vingtaine de kilomètres de Carquefou, la pluie commença à tomber. Vers 19h00, nous atteignîmes Le Landreau, petit patelin d’à peine 3 000 âmes situé en plein coeur du Vignoble nantais à 29 kilomètres au Sud-Est de Nantes. Quelques minutes après, nous arrivâmes sur le site de départ, organisé autour du  lycée agricole Briacé, bien connu de notre acolyte Arnaud actuellement en Australie. Le cadre très champêtre et entouré de vignes nous planta de suite dans le décor de ce trail.

Puis, très classiquement, nous prîmes le chemin des dossards dans la pénombre et sous une fine pluie. L’excitation était bien présente et nous étions ravis d’en découdre de nouveau, deux mois et demi après le polaire cross de la Chapelle sur Erdre. Précisons tout de même qu’Aurélien n’abordait pas ce trail dans les meilleures conditions puisqu’il était sorti la veille en ayant fait quelques excès. Malgré tout il avait à coeur de courir et de participé pour la première fois à ce trail. De retour à la voiture, il fût grand temps de se mettre en tenue. Pour ma part, j’optai pour le cuissard court, deux t-shirts, mon bonnet islandais, un petit sac à dos avec quelques provisions et l’indispensable frontale. Il ne faisait pas froid, c’était de mon point de vue, l’accoutrement parfait. Aurélien, davantage “frileux”, avait privilégié le collant long.

De retour sur le site du départ, nous n’avons pas, à proprement parlé, effectué d’échauffement. Quelques légères foulées rien de plus. Pour ma part, j’attendais avec impatience l’arrivée d’Elisa pour lui faire coucouavant le départ de la course. S’étant un peu perdue dans la campagne viticole, elle arriva à cinq minutes du départ pour mon plus grand bonheur. Plus de 1 000 coureurs étaient annoncés sur la ligne de départ de cette épreuve nocturne. Avec Aurélien, l’on se trouvait dans les cent premières places de cet imposant peloton. Il régnait une atmosphère conviviale à quelques minutes du départ, comme c’est souvent le cas sur les trails. Les coureurs tous équipés de leur frontale applaudissaient pour s’encourager et de la musique résonnait dans la pénombre du départ.

Trois premiers kilomètres avec Aurélien … 

Sur les coups de 20h00, le départ du trail nocturne fût donné sous une pluie de fumée rouge. Avec Aurélien, l’on prit un départ assez rapide pour une course de 22,4 km. Malgré tout l’on se faisait un peu dépasser. Après quelques hectomètres de course, l’euphorie du départ passée, l’on diminua un peu notre allure. Avec Aurélien, l’on souhaitait courir le début du trail ensemble même si il se sentait encore un peu patraque de ses excès nocturnes.

Le parcours était déjà bien boueux, et ce n’est que le début de  cette “boue party” qui allait durer une bonne partie de la soirée. Certains coureurs évitaient déjà les premières chutes en se reprenant de justesse. Ca glissait et patinait énormément. De fait, la vigilance était vraiment de mise car je n’avais aucune envie de me blesser à deux semaines du marathon de Barcelone. En dépit du terrain gadouilleux, l’on maintenait uneallure plus que convenable proche des 14 km/h. Lors de l’escalade d’une légère déclivité, l’on aperçu en se retournant un peu un magnifique panorama sur l’arrière de la course. L’on voyait ainsi un long serpentin lumineux rampant à travers le Vignoble nantais. Somptueux ! 

Après deux ou trois kilomètres, Aurélien me dit qu’il ne se sentait pas très bien et qu’il préférait réduire l’allure. Ayant d’excellentes sensations, je n’hésitai pas et je continuai sur ma lancée après avoir souhaité bonne course à ma comparse. C’était partie pour une longue et âpre course sur un parcours boueux et dans des conditions météorologiques loin d’être optimales. 

nocturne serpent

    Magnifique serpent de lumière dessiné par les 1 000 participants à cette épreuve nocturne (photo http://www.trailduvignoblenantais.fr/)

… avant de prendre le large en maintenant une excellente allure malgré un terrain des plus boueux 

Ce trail de 22,4 km était constitué de trois boucles différentes. Les deux premières faisaient approximativement six et cinq kilomètres tandis que la troisième plus longue s’étalonnait sur une distance d’environ 11 km. Dans la première boucle, je maintins une allure très honorable autour des 13 km/h. Celle-ci à l’exception d’un enchaînement de côtes dans les vignes ne proposait pas de grandes difficultés topographiques. Il en fût d’ailleurs de même pour la seconde boucle qui reprenait presque le même tracé. Plus que le dénivelé, c’était bien la boue, déjà omniprésente, l’obscurité et la pluie qui rendaient cette course nature exigeante. 

La nuit me gênait probablement un peu plus que les autres coureurs puisque ma frontale, déjà pas bien puissante ne m’éclairait quasiment plus. Je ne pouvais m’en prendre qu’à moins même car je savais avant le départ qu’un changement de pile était nécessaire. Malgré tout, je maintenais un rythme des plus corrects et j’avais même tendance à reprendre des coureurs plutôt que le contraire. Au presque tiers de la course, ma motivation était intacte et le fait d’apercevoir Elisa au passage de la première boucle renforça mon envie de bien faire.

Dans la seconde boucle, la boue était encore davantage visqueuse et l’on s’enfonçait jusqu’aux mollets par endroit. La vigilance était de mise et je faisais particulièrement attention à mes appuis. J’avais un peu ralenti l’allure mais je continuais de dépasser quelques coureurs peut être partis un peu vite ou simplement pas dans la forme qu’ils espéraient. Je me sentais bien, j‘avais de bonnes sensations que ça soit au niveau du souffle que des jambes.

nocturne groupeGrappe de coureurs se frayant un chemin entre les vignes (photo http://www.trailduvignoblenantais.fr/) 

A mon second passage sur le site d’arrivée, j’étais à mi-course avec 11 kilomètres dans les jambes. Je me sentais plutôt bien même si je redoutais un peu la fin de course. Mentalement j’étais bien et sur ce type de course c’est vraiment primordial. J’apercevais de nouveau mon Elisa d’amour avant de prendre un petit verre d’eau au ravito. J’eus également une pensée pour mon camarade Aurélien. Je ne savais pas trop où le situer par rapport à moi du fait de sa forme du jour quelque peu précaire.

Je n’oubliais pas de me ravitailler régulièrement car avec de telles conditions météorologiques et un parcours aussi usant, il est très facile d’avoir une fringale. Je m’alimentais donc avec des gels énergétiques et des barres de chocolats notamment.

Des conditions météorologiques de plus en plus délicates : une fin de course en mode guerrier 

Les deux premiers kilomètres de la troisième boucle étaient similaires aux boucles précédentes. Néanmoins, la boue y était toujours plus présente à cause des multiples passages de coureurs. Toujours dans le rythme, je reprenais même des coureurs attardés, encore dans le début de leur seconde boucle. Vers le 13 ème kilomètres, il y eut une bifurcation entre la seconde et la troisième boucle. Deux jeunes filles m’annoncèrent en 75 ème position. Un classement qui me satisfaisait mais qui me semblait encore un peu améliorable au vue de mes sensations. J’eus un grand rush de motivation !!!

Jusqu’aux environs du 16 ème kilomètre, le parcours fût assez roulant, le plus souvent à travers champs et vignes. Même si la boue était bien présente sur ce tronçon, c’était surtout l’obscurité qui me gênait tant ma lampe frontale éclairait peu. Cela m’obligeait à redoubler de concentration et à suivre à la trace d’autres coureurs. La vigilance était de mise même si je prenais quand même pas mal de risques (trop peut-être) pour maintenir un bon rythme et “garder les roues”.

A partir du 16 ème kilomètre, les difficultés s’enchaînèrent : d’abruptes descentes extrêmement glissantes, un passage sous tunnel avec de l’eau jusqu’aux genoux suivi d’escalades de coteaux. La grimpette de ces raidillons successifs mirent à très rude épreuve mes cuisses et mes mollets déjà très usés par le terrain très boueux.

tunnel eau

 Passage sous un tunnel avec de l’eau jusqu’aux genoux par endroit vers le 17 ème kilomètre (photo http://www.trailduvignoblenantais.fr/)

Les derniers kilomètres à travers les champs de vignes pour revenir vers le site de Briacé furent interminables. La pluie tombait de plus en plus fort, je voyais de moins en moins bien et j’avais les cuisses et les mollets très douloureux. Cela me donnait un petit aperçu de l’état dans lequel je serai théoriquement à Barcelone après 30 ou 35 kilomètres. Pour oublier la douleur, je discutais un peu avec un sympathique camarade avec lequel je courais depuis plusieurs kilomètres.

Après environ 1h45 d’effort, l’on apercevait enfin le chateau de Briacé. C’était mon repère visuel dans la nuit. A tout casser, il restait 1 kilomètre. Fatigué, il n’était plus question de prendre de risque. De ce fait, je déroulais comme je pouvais en assurant bien mes foulées. Après un sprint sans être à bloc mais pas non plus en roue libre, je franchi la ligne d’arrivée après 1h51’02 me classant à la 69 ème place de ce trail nocturne. Quant à mon camarade Aurélien, il se classa 305 ème avec un chrono de 2h11’11.

Fatigué et gelé, je retrouvai Elisa juste après la ligne d’arrivée. Deux amis à elle l’avait rejoint pour encourager Clément, le meilleur ami d’Elisa. Malheureusement victime d’une entorse, il ne termina pas l’épreuve, contraint à l’abandon après une quinzaine de kilomètres.

Classement 
1 LE SOZ Antoine SE 1h34’39
2 EL OUARTI Karim V1 1h35’16
3 BAUMAL Anthony SE 1h35’18

69 CHAPALAIN Valentin SE 1h51’02
305 BREGEON Aurélien SE 2h11’11

946 classés / 1 150 inscrits

Je tire un bilan vraiment très satisfaisant de ce trail nocturne du vignoble nantais et je ne regrette en aucun cas d’y avoir participer même si sa date était proche de celle du marathon de Barcelone. Même si j’ai du piocher dans mes réserves pour signer ce bon résultat, je pense que ma forme est plus que correcte pour affronter le marathon de Barcelone dans deux semaines. En revanche pour performer et atteindre mon objectif en Catalogne (faire moins de 3h30), l’aspect récupération entre les deux courses sera crucial. 

Par ailleurs, le parcours bien dans l’esprit trail hivernal (boue, passage de rivière …) m’a beaucoup plu même si j’ai trouvé qu’il manquait un peu de dénivelé pour le rendre encore plus sélectif. Enfin participer à des courses avec Aurélien est toujours un plaisir et j’attends notre prochaine échéance avec impatience. 

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