La Sardaigne en vélo : l’archipel de La Maddalena et derniers tours de roues entre Palau et Santa Teresa Gallura

archipel de Maddalena à véloAccompagné de mon fidèle vélo sur l’archipel de La Maddalena
(photo courir-lemonde.com)

Du 16 au 19 mars, j’ai arpenté l’extrême Nord de la Sardaigne. J’ai notamment découvert l’archipel de La Maddalena, où j’ai passé deux jours à écumer son somptueux Parc National en jonglant entre les îles de La Maddalena et de Caprera. Ensuite, depuis Palau, j’ai tranquillement rallié Santa Teresa Gallura pour prendre le ferry en direction de la Corse. Au total, j’ai parcouru 70 kilomètres durant ces quatre courtes étapes. 

Mes coups de cœur dans l’extrême Nord de la Sardaigne 🙂 

  • la rencontre de Roland et Christa avec qui j’ai passé de très bons moments au camping de Palau et sur l’île de La Maddalena
  • la nature préservée et mon bivouac sauvage sur l’île de Caprera
  • les plages paradisiaques sur l’archipel de La Maddalena

parcours vélo nord de la Sardaigne

Mon itinéraire dans l’extrême Nord de la Sardaigne. Il convient d’ajouter une trentaine de kilomètres sur les îles de La Maddalena et de Caprera
(réalisation courir-lemonde.com sur openrunner)

Etape 15 et 16 : deux journées sur l’archipel de La Maddalena (30 kilomètres)

Ma seizième journée en Sardaigne démarra calmement sous un soleil radieux. Vers 8h00, je m’éveillai d’une nuit reconstituante au camping de Palau. Je pris mon petit-déjeuner en contemplant la mer turquoise, les sommets enneigés de Corse et l’archipel de La Maddalena où je comptais me rendre dès aujourd’hui. Une seconde douche en l’espace de douze heures puis je retrouvais mes camarades allemands Roland et Christa. Conjointement, nous décidâmes de nous rendre sur l’île de La Maddalena pour le début de l’après-midi.

Vers 12h30, nous prîmes, à vélo, la direction du port de Palau, d’où part le ferry pour La Maddalena. Sur le chemin, je fis quelques courses alimentaires en prévision des repas du jour. Concernant le trajet en ferry, il dure environ 15 à 20 minutes et il n’est pas nécessaire de réserver en avance car il y a des liaisons plusieurs fois par heure. Notez que l’aller-retour avec mon vélo m’a coûté 11 euros. 

L'archipel de Maddalena depuis Palau Vue sur l’archipel de La Maddalena depuis Palau (photo courir-lemonde.com)

dauphin à Maddalena Observation de dauphins avec Roland et Christa (photo courir-lemonde.com)

La courte traversée fut plaisante. Cependant, à notre arrivée sur l’archipel, je fus étonné par la taille de la bourgade de La Maddalena. J’imaginais un coquet et paisible village. Je découvris une ville animée et peuplée d’environ 10 000 habitants.

Un peu de repérage puis nous entreprîmes de grimper sur les hauteurs de l’île pour profiter du sublime panorama que l’on pouvait deviner.
De rudes pentes furent le seul prix à payer pour jouir de la vue imprenable. Si Roland fut plutôt à l’aise, Christa était davantage à la peine dans ces forts pourcentages. Mais n’hésitant pas à poser le pied par terre quand c’était nécessaire, elle gravit comme nous l’abrupte difficulté. A l’arrivée, nous ne regrettions pas les efforts consentis. Nous déjeunâmes d’un pique-nique avec en toile de fond les autres îles de l’archipel de La Maddalena et la côte de la “Sardaigne continentale”. Magnifique ! 

De retour dans le bourg de La Maddalena, Roland et Christa m’invitèrent à boire un verre à la terrasse d’un café. Nous passâmes un plaisant moment à discuter tous les trois. Puis vers 16h30, Roland et Christa décidèrent de reprendre le ferry vers Palau. Nous échangeâmes nos coordonnées même si, à priori, ce n’était qu’un au revoir car je comptais les retrouver dès le lendemain après avoir écumé le Parc National de l’archipel de La Maddalena.

Panorama depuis les hauteurs de l’île de La Maddalena (photo courir-lemonde.com)

Pique-nique avec Roland et Christa sur l’île de La Maddalena (photo courir-lemonde.com)

Le départ de mes camarades allemands annonçait un nouveau tête-à-tête avec moi-même. Lorsque je pars à l’aventure, j’aime échanger avec d’autres voyageurs et rencontrer des locaux. Néanmoins, j’affectionne aussi ces précieux moments de solitude qui me permettent de jouir d’une liberté totale et d’être l’unique capitaine de mon aventure.

Motivé, je pris le chemin de l’île de Caprera, seconde île de l’archipel en termes de superficie mais qui contrairement à sa voisine n’est pas habitée. Sans plan précis, je partis à la conquête de cette île que je supposais plus sauvage que La Maddalena.
A la suite d’une série de côtes, j’atteignis un plateau d’où la vue était absolument sublime. Je pus me délecter, sans limite, des paysages intactes et brutes de l’île de Caprera. Un vrai régal pour les yeux !

Je posai mon vélo pour contempler longuement la nature qui m’entourait. Sans personne autour de moi et déconnecté de l’actualité anxiogène constamment véhiculée par les médias, j’étais bien.
Progressivement, les couleurs du ciel se magnifiaient signe que la fin de journée approchait. J’avais une seule certitude. Celle de trouver un endroit idyllique pour planter le bivouac car j’avais l’embarras du choix.

isola Caprera Depuis La Maddalena, direction la sauvage île de Caprera (photo courir-lemonde.com)

isola Caprera Paysages boisés sur les hauteurs de l’île de Caprera (photo courir-lemonde.com)

Isola CapreraLe point culminant de l’île de Caprera du haut de ses 212 mètres d’altitude
(photo courir-lemonde.com)

En charmante compagnie (photo courir-lemonde.com)

Finalement, j’installai mon campement à l’orée d’une forêt de conifères située en contrebas du point culminant de l’île. Une fois la tente montée, bien camouflée entre un rocher et des arbustes, la suite de la soirée fut particulièrement agréable. En toute quiétude, je dînai sur un rocher qui offrait une vue majestueuse sur l’archipel de la Maddalena ! A lui seul, le coucher du soleil fut un véritable festin. 

bivouac en forêtInstallation du bivouac à l’orée d’une forêt (photo courir-lemonde.com)

bivouac forêtLa tente est bien camouflée (photo courir-lemonde.com)

isola CapreraCoucher de soleil depuis le bivouac (photo courir-lemonde.com)

Douce soirée sur l’île de Caprera (vidéo courir-lemonde.com)

Ma nuit dans les bois se passa bien. Aucun signalement de sangliers cette fois-ci. Néanmoins, c’est une meute de cervidés qui me fit sortir de la tente vers 6h45. Ces derniers gambadaient à une quinzaine de mètres de ma guitoune. C’est quand même plus agréable que d’être tiré du sommeil par la sonnerie d’un réveil n’est-ce pas ?!
Je pris mon petit-déjeuner sur le rocher où j’avais dîné la veille. Le panorama était toujours aussi époustouflant. Un délice pour débuter la journée.

De bonne heure et de bonne humeur, je poursuivis ma découverte de Caprera. Alors que la veille, j’avais plutôt arpenté le centre et le Nord de l’île, ce matin je mis le cap sur sa partie méridionale. Via des paysages très boisés, j’atteignis le Sud de l’île. J’y découvris une côte découpée et parsemée de somptueuses criques aux eaux turquoises comme la Spiaggia I due Mari et la Playa Chula. Je me posai sur la première pour écrire mes derniers comptes rendus et feuilleter mon guide de Sardaigne.

isola CapreraPanorama depuis les hauteurs de l’île de Caprera (photo courir-lemonde.com)

isola Caprera Les eaux turquoises et translucides de la Spiaggia I due Mari sur l’île de Caprera
(photo courir-lemonde.com)

isola CapreraLe Parc National de l’archipel de La Maddalena regorge d’écrins de nature et de spots paradisiaques (photo courir-lemonde.com)

Ballotté par des bourrasques de vent de plus en plus intenses, je repris la direction de La Maddalena un peu avant midi. 
Seulement séparée par un pont de La Maddalena, l’île de Caprera offre une nature plus généreuse que sa voisine. Ses criques paradisiaques, sa végétation abondante, ses éperons granitiques et son caractère sauvage font de Caprera le joyaux de l’archipel à mes yeux.
Si vous venez découvrir l’archipel de La Maddalena, ne vous contentez pas de l’île principale et allez parcourir les chemins et sentiers de Caprera.

De retour sur La Maddalena, je fis quelques courses au supermarché avant de déjeuner. Malheureusement, le vent soufflait de plus en plus fort ce qui annihila un peu mes velléités d’exploration. Malgré tout, je parcourus l’élégant centre-ville de la principale localité de l’île à la recherche d’un cadeau pour Elisa et de nouvelles cartes postales.
Dans le courant de l’après-midi, je repris le bateau en direction de Palau. 

Maddalena Ruelle colorée dans la ville de La Maddalena (photo courir-lemonde.com)

De retour au camping de Palau, je retrouvai avec joie Roland et Christa. Je fis également la rencontre d’un Français qui sillonnait le Sud de l’Europe en campervan.
En début de soirée, mes amis allemands m’invitèrent dans leur camping-car pour discuter autour d’une fraîche bière. Ils me contèrent leur journée tandis que je relatai ma belle aventure sur l’île de Caprera, étayée de quelques photos. Un agréable moment !
Légèrement euphorique, je rejoignis ma tente pour une nuit que j’espérais reconstituante en dépit des violentes rafales de vent. 

Etape 17 : Palau – Rena Majore (30 kilomètres)

Bien abrité derrière une haie d’arbustes, mon abri n’avait pas trop bougé durant la nuit. En conséquence, j’avais plutôt bien dormi. Après avoir pris ma douche et préparé mes affaires, je déjeunai avec mes adorables camarades allemands. Je passai ma matinée au camping car j’avais beaucoup de mal à les quitter. De plus le vent soufflait toujours autant et je savais qu’à la sortie du camping ce cher Éole avait l’intention de me mener la vie dure pour ma dernière véritable étape en Sardaigne.

Vers 12h30, ému, je dis auf wiedersehen (au revoir en allemand) à Roland et Christa. Comme pressenti, les vents d’Ouest n’avaient pas molli et c’est de face qu’ils me fouettèrent le visage durant une quinzaine de kilomètres m’obligeant à progresser à une allure modeste.

Dans une portion descendante, je fis la rencontre d’un second voyageur à vélo après Sébastien en début de semaine. Cornel, cyclovoyageur suisse se rendait à Olbia pour rejoindre sa copine. Depuis son pays natal, il avait entrepris un périple qui l’avait mené dans le Nord de l’Italie puis en Corse.
A l’aide de ma carte de plus en plus froissée, je le conseillai sur l’itinéraire à suivre jusqu’à Olbia et sur les plus beaux coins de Sardaigne. Joyeusement, nous discutâmes une vingtaine de minutes avant que chacun reprenne son errance solitaire. 

tortue en Sardaigne Tortue sur le bord de la route près de Palau. En difficulté, je l’ai aidé à escalader le rebord pour gagner les broussailles (photo courir-lemonde.com)

cyclovoyageursLa rencontre de Cornel, cyclovoyageur venu de Suisse (photo courir-lemonde.com)

Le parcours du jour traversait des zones rurales très peu habitées. Des champs à perte de vue et quelques sommets arrondis composaient le paysage.
En début d’après-midi, je déjeunai d’un pique-nique à Bassacutena sous les regards étonnés de certains locaux. Requinqué, je repris mon chemin dans ce décor agreste et champêtre.

Après la minuscule bourgade de Campovaglio, je naviguais sur d’étroites routes zigzaguant à travers le maquis sarde. D’impitoyables murs mirent mes jambes à rude épreuve. Ces ascensions très pentues me rappelèrent la folle escalade d’une côte de trois kilomètres à plus de 12% avec un violent vent de face dans le compté du Kerry en Irlande. Un souvenir mémorable !

Demeures colorés dans le village de Bassacutena (photo courir-lemonde.com)

Escapade dans le maquis sarde (photo courir-lemonde.com)

A la suite d’une longue descente, j’atteignis la localité de Rena Majore, localisée à seulement dix kilomètres de Santa Teresa Gallura, d’où part le ferry pour la Corse. Initialement, je pensais utiliser une dernière fois ma formule magique pour demander en italien si je peux planter ma tente dans le jardin de locaux mais je me ravisai car le village semblait principalement constituée de résidences secondaires.

Après de nouvelles courses alimentaires, je me mis tranquillement en quête d’un lieu pour planter le bivouac. Au fil des jours, j’avais incontestablement gagné en expérience à ce petit jeu. Pour ma dernière nuit en Sardaigne, j’élus domicile à la lisière d’une forêt de pins.  
Avant d’installer le campement, je fis un tour sur le littoral. La mer était déchaînée. L’inclinaison courbée des arbres semblait confirmer que la côte était souvent battue par de forts vents.

la côte Nord de la Sardaigne La côte Nord de la Sardaigne à Rena Majore (photo courir-lemonde.com)

Comme vous pouvez le constater cette côte est battue par de forts vents
(photo courir-lemonde.com)

Peu avant le coucher du soleil, j’installai mon campement à l’endroit que j’avais préalablement repéré. Le lieu semblait relativement bien abrité mais j’avais quand même quelques doutes à ce sujet. Un peu de lecture à la lueur de ma frontale puis j’essayai de m’endormir en dépit des rafales de vent qui giflaient ma tente de plus en plus violemment … La nuit s’annonçait perturbée ! 

Etape 18 (première partie) : Rena Majore – Santa Teresa Gallura (10 kilomètres)

 

Après une nuit marquée par les bourrasques de vent, direction Santa Teresa Gallura afin de prendre le ferry de 9h00 pour la Corse (vidéo courir-lemonde.com)

ferry mobylines Bonifacio - Santa TeresaDirection la Corse avec la compagnie Moby qui assure la traversée entre Santa Teresa Gallura et Bonifacio (photo courir-lemonde.com)

Mon voyage à vélo en Sardaigne s’est donc achevé par une courte et matinale étape entre Rena Majore et Santa Teresa Gallura. Vous pouvez retrouver le bilan général de mon périple et mes impressions concernant le Sardaigne en cliquant sur le lien.

Néanmoins mon périple à bicyclette en Méditerranée n’est pas terminé. Retrouvez vite la suite de mes aventures cyclonomades en Corse en cliquant sur le lien (à venir très bientôt)

Pour retrouver les articles précédents sur mon voyage à vélo en Sardaigne :

3 réflexions au sujet de « La Sardaigne en vélo : l’archipel de La Maddalena et derniers tours de roues entre Palau et Santa Teresa Gallura »

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