5 ème épisode saison 2011 : Marseille-Cassis (20,3 km)

Un somptueux Marseille-Cassis 2011 couronné d’une performance individuelle à la hauteur de l’événement

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Au sprint dans les derniers mètres sur le port de Cassis (photo maindruphoto.com/)

Dimanche 30 Octobre : c’est le jour J ! Après huit mois d’attente depuis notre inscription début mars, nous allons enfin pouvoir courir le très réputé Marseille-Cassis reliant le stade Vélodrome à la charmante ville de Cassis sur un parcours atypique de 20,3 km  via le mythique col de la Gineste. La 33 ème édition de cette course de légende gradée de  l’IAAF Silver Label Road Races 2011 à laquelle 15 000 coureurs étaient inscrits. Avec une météo radieuse annoncée pour le jour de la course, toutes les conditions étaient réunies pour faire de cette édition 2011 un cru de légende. Pour ma part, suite à une longue tendinite au genou, je n’ai pas pu me préparer dans les meilleures conditions. Si j’aimerais me situer entre 1h30 et 1h35 à l’arrivée, ma priorité est bien de savourer et de prendre un maximum de plaisir sur cette classique qui fait partie des plus belles courses de France. 

Avant-course 

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Les abords du stade Vélodrome à quelques minutes du départ (photo pascalbesse.sport24)

Il est 8h15 lorsque Charly, Tom et moi arrivons sur la zone de départ située à proximité du légendaire stade Vélodrome. Il nous faut alors déposer nos sacs vestiaires fournis par l’organisation dans des “camions relais” qui achemineront nos affaires jusqu’à l’arrivée à Cassis. Vers 8h30, Charly rejoint le sas préférentiel “moins d’1h30” tandis que pour Tom et moi il était déjà temps d’aller se faufiler dans la masse de coureurs présente sur le boulevard Michelet, la très longue et large artère jouxtant l’antre de l’Olympique de Marseille.

Pour faire patienter les participants, différentes animations ont rythmé l’heure précédent le départ. D’une part, plusieurs personnalités du monde de l’athlétisme comme Marie-José Perrec et Patrick Montel sont intervenues au micro pour faire part de leur vécu athlétique et motiver l’ensemble du peloton. D’autre part la flashmob de l’épreuve a joué les échauffements de substitution et a apporté une dose supplémentaire de convivialité au sein du pack. Plus le départ approchait et plus la motivation d’en découdre était forte de mon côté . Malgré des jambes un peu lourdes, je me sentais bien et je savais que j’étais capable d’aller chercher mon objectif chronométrique d’1h30 à 1h35 d’autant plus que les conditions météorologiques étaient idéales (soleil, mistral absent, température agréable autour des 15/20°C).

Cinq premiers kilomètres en accélération progressive 

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Le départ de Marseille-Cassis 2011 sur le boulevard Michelet (photo laprovence.com) 

A 9h30, le départ de la 33 ème édition est donné. Placé dans le premier tiers du peloton avec Tom, je  franchis la ligne de départ après 1’14 de course. On se souhaite mutuellement une excellente course et on se donne rendez-vous à l’arrivée à Cassis. Malgré la largeur du boulevard Michelet, c’est à une allure assez faible autour des 11/12 km/h que j’effectue les premiers hectomètres du parcours du fait de la forte densité de coureurs . Finalement cela n’est pas plus mal puisque ça me permet de m’échauffer, chose que je n’ai pas véritablement pu faire précédemment.

Après environ un kilomètre, je hausse progressivement mon rythme en empruntant notamment les trottoirs du boulevard ce qui me permet de dépasser quelques coureurs. Sur les premiers kilomètres les spectateurs sont très nombreux de part et d’autre de la chaussée, les encouragements en tout genre fusent ce qui motive avant d’attaquer les premières difficultés. Sur Marseille-Cassis le kilométrage est indiqué de façon dégressive. Après avoir aperçu l’obélisque de Mazargues, je passe la pancarte 18 kilomètres de l’arrivée après 11’15 (12,3 km/h).

Au fur et à mesure des kilomètres, l’on voit se dresser devant nous le col de la Gineste. Entre les bornes kilométriques 18 et 15, le parcours est de plus en plus escarpé. En dépit de ces difficultés topographiques, je parviens à poursuivre mon accélération et commence à trouver une bonne allure de croisière autour des 13/14 km/h. Je passe la pancarte 15 kilomètres de l’arrivée après 24’55 (12,8 km/h). Au pied du col de la Gineste les sensations sont bonnes et le moral est au beau fixe.  

Une bonne ascension du col de la Gineste 

A Vaufrèges, quelques hectomètres après le premier ravitaillement, débute véritablement l’ascension du col de la Gineste, une montée d’un peu plus de quatre kilomètres présentant une pente moyenne d’environ 5%. Dès les premières rampes beaucoup de coureurs sont en grande difficulté, certains sont même à l’arrêt alors que les pentes les plus sévères se situent plutôt dans les derniers kilomètres de l’ascension. De mon côté, dès le pied du col, je me suis efforcé à garder un rythme soutenu car je suis plutôt grimpeur que descendeur et c’est dans l’ascension de la Gineste qu’il falait que je reprenne du temps par rapport à mes prévisions. En moyenne je tournais autour de 5’/5’10 par kilomètre dans l’escalade du col provençal soit une moyenne de 11,5/12 km/h ce qui était vraiment pas mal. D’ailleurs tout au long de l’ascension je n’ai pas cessé de dépasser des grappes de coureurs.

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Les coureurs dans le col de la Gineste qui surplombe la cité phocéenne (photo a10.idata.over-blog)

Plus on avançait dans le col et plus les paysages étaient magnifiques. Sur notre droite, on avait une vue imprenable sur la mer Méditerranée et le massif des Calanques, derrière nous on apercevait la cité phocéenne tandis que sur notre gauche s’étendaient des étendus désertiques, rocailleuses et plus ou moins végétalisés par la pinède, les fameuses collines de Provence si chères à Marcel Pagnol. Avec le ciel bleu qui régnait dans le ciel le panorama était exceptionnel. Par moment en me retournant je distinguais le reste du peloton serpentant dans les lacets en contre-bas.

J’atteint le sommet du col de la Gineste après 47’45 à ma montre ce qui équivaut à une vitesse moyenne de 12,1 km/h. Au sommet il me reste encore 10,7 kilomètres à parcourir, je suis encore assez frais, de fait l’objectif d’atteindre Cassis en moins d’1h35 est plus que jamais d’actualité.

Coup de mou sur le plateau de Carpiagne 

Après m’être ravitaillé en eau sur les hauteurs de la Gineste, c’est à bonne vitesse que j’attaque la longue descente vers Cassis. Une descente loin d’être uniforme qui se fait en deux temps ;  une première partie d’environ deux kilomètres jusqu’au plateau de Carpiagne puis une seconde de près de 3 kilomètres entre ce dernier et l’entrée dans Cassis.

Je redoutais le plateau de Carpiagne peut-être même plus que l’ascension du col de la Gineste. En effet j’avais entendu dire par moult participants et notamment par l’actrice de Plus Belle La Vie, Aurélie Vaneck que celui-ci était très cassant puisque proposant un terrain irrégulier avec quelques portions en faux plat montant et plusieurs replats. En dépit de sensations médiocres (pointe de côte, jambes lourdes), je parviens à garder un rythme correct et passe la borne du 8 ème kilomètre en 58’15 (12,7 km/h de moyenne) et la pancarte du 6 ème kilomètre après environ 1h07’30 (12,7 km/h de moyenne).

La fin de la descente du col de la Gineste à vive allure 

Le plateau de Carpiagne derrière moi, le parcours est à nouveau descendant ce qui n’est pas pour me déplaire même si je ne suis un descendeur moyen. Je peux de nouveau dérouler à bonne allure. Entre les bornes kilométriques 5 et 4 je me rappelle avoir mis 3’55. Malgré tout bon nombre de coureurs me dépassent sur cette fin de descente.

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Dans la descente du col de la Gineste à environ quatre kilomètres de l’arrivée à Cassis (photo maindru-photo.com)

A l’approche de Cassis, les paysages sont  aussi somptueux que sur le versant marseillais du col de la Gineste. Peu à peu on découvre la ville de Cassis ancré en fond de baie. En arrière plan, majestueux et rougeâtre se dresse l’impressionnant  cap Canaille culminant à 399 mètres. Dans les ultimes lacets, le public, jovial et enjoué, est encore plus fiévreux qu’au départ de Marseille, la motivation est à son paroxysme.

De bonnes ressources pour le final dans Cassis 

J’entre dans Cassis après 1h19′ de course alors qu’il me reste environ 3 kilomètres à parcourir. A moins d’une grosse défaillance, mon objectif minimal d’1h35 était atteint. Le but est maintenant d’aller chercher les 1h32/33 car malgré les kilomètres accumulés je me sentais encore bien surtout d’un point de vue psychologique. Pour preuve, j’attendais avec impatience la côte des pompiers, une montée sèche de 200 mètres située à 1,7 kilomètres de l’arrivée et réputée comme étant très délicate à escalader après près de 20 kilomètres de course. Dans cette dernière côte, j’ai clairement fait parler mes qualités de grimpeur ce qui m’a permis de dépasser de nombreux coureurs.  

Cette ultime difficulté escaladée, il me restait à rallier le port de Cassis via des routes descendantes. C’est emporté par la foule massée dans le dernier kilomètre que je pénètre au sprint sur le port de Cassis. Un sprint à bloc jusqu’à la ligne d’arrivée atteinte après 1h32’41 (13,2 km/h) d’effort (temps réel). 

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Le charmant et pittoresque port de Cassis (photo web-provence.com)

Ce chrono d’1h32’41 est une très grande satisfaction pour moi. En effet Il y a deux mois, alors que je reprenais à peine la course à pied après 8 mois sans pouvoir courir, je n’étais même pas certain d’être en mesure de terminer Marseille-Cassis. Après une saison 2011 galère, j’espère que cette performance est l’annonce d’une saison 2012 couronnée de bonheur sportif.

La ligne d’arrivée franchit, je souffle un peu et fait le plein de provisions (powerade, eau, quartiers d’orange) car le moteur est à sec. Quelques minutes après, je retrouve Charly au niveau du parking où ont été déposé les sacs vestiaires. Euphorique, il m’annonce son excellente performance du jour : 1h23’39 (temps réel). Quelques minutes plus tard, c’est Tom qui nous rejoint à son tour. Un peu déçu de son ascension de la Gineste, il réalise tout de même un chrono d’1h54’20 (temps réel) conforme à son objectif initial. Puis pour récupérer de nos efforts nous nous sommes dirigés vers la plage de Cassis afin de se baigner dans une eau  à 19°C et de profiter du soleil une bonne partie de l’après-midi: c’est ça aussi Marseille-Cassis !!

Classement 

1 TSEGAY Atsedu 58’10 ES/91

2 BEKEKE Azmeraw 58’37 SEM/86

3 LIMO Philemon 59’20 SEM/85

303 DU BOISLOUVEAU Charles-Henry 1h24’08 (temps officiel) 1h23’39 (temps réel) ESM/91

1104 CHAPALAIN Valentin 1h33’55 (temps réel) 1h32’41 (temps réel) ESM/90

5563 COUEDEL Tom 1h55’33 (temps officiel) 1h54’20” (temps réel) JU/92

15 000 inscrits , 13 538 arrivants

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