Voyage aux îles Canaries : la découverte du Nord de l’île de Lanzarote

42Tout au nord de Lanzarote avec en arrière plan l’île de la Graciosa (photo perso) 

Du 12 au 19 décembre, j’ai sillonné l’île de Lanzarote avec Aurélien et son frère Jean-François. Profitant de vols à très bas prix proposés par la compagnie Ryanair (20 euros aller-retour depuis l’aéroport de Beauvais-Tillé), nous avions décidé cette escapade seulement deux semaines avant notre départ. En fait, l’idée était de finir l’année sous le soleil et dans la douceur de Lanzarote, île bien connue pour être celle “du printemps éternel”. Après les Açores en septembre, c’est donc un autre archipel de la Macaronésie que j’allais découvrir : les îles Canaries. Dès lors, il me manque Madère (que mon frère a arpenté en juillet) et le Cap Vert. Pour bientôt peut-être ? Retour sur une semaine ensoleillée et riche en aventures, en sports et en rencontres dans les paysages arides et parfois lunaires de Lanzarote.

Samedi 12 décembre, j’ai donc rallié Lanzarote depuis l’aéroport de Beauvais-Tillé en compagnie d’Aurélien. Plus tôt dans la matinée, c’est en covoiturage que nous avions atteint la préfecture du département de l’Oise. Vers 13h00, nous quittâmes la France sous un ciel couvert et bien sombre. Vers 16h00, heure locale, nous atterrîmes sur le tarmac de l’aéroport de Arrecife sous un soleil étincelant. A notre sortie de l’avion, le choc thermique (23°C) n’était pas loin et l’on fut rapidement obligé de se délester de plusieurs couches de vêtements.

Durant les deux premières journées de notre séjour, nous avions prévu de nous déplacer uniquement par nos propres moyens (marche à pied, stop voire bus). De fait, depuis l’aéroport,c’est à pied que nous avons pris la direction de Teguise, ancienne capitale de l’île, localisée dans les terres à une quinzaine de kilomètres de là.

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A peine arrivés sur Lanzarote, nous arborions déjà un large sourire du fait de la météo exceptionnelle en ce 12 décembre : grand soleil et plus de 23°C (photo perso)

Coupant à travers des champs pierreux, l’on pu se rendre vraiment compte du caractère aride des lieux. Les paysages étaient vraiment très désertiques et la végétation réduite à quelques touffes d’herbes sèches. Après quelques kilomètres, nous atteignîmes la ville de San Bartolomé. La faim se faisant sentir, nous fîmes une petite halte dans un bistrot sans prétention où l’on mangea des tapas très très frits. Quelques pas et nous arrivâmes dans une fête locale où se déroulait un cours de fitness en extérieur et où l’on pouvait déguster tapas et friandises tout en se désaltérant. L’ambiance y était joviale et bon enfant et c’est avec plaisir que l’on se joignit à la fête durant une bonne heure.

Vers 19h30, munis d’une frontale, nous reprîmes notre chemin en direction de Teguise. La nuit étant tombée depuis une bonne heure déjà, nous commençâmes également à chercher un endroit pour passer la nuit. Cependant, la végétation étant très rase et le sol particulièrement corrosif, l’on peina à trouver un lieu à la hauteur de nos attentes.

Puis sur les coups de 20h30, l’on fit THE Rencontre. En effet l’on tomba par hasard sur un local sortant avec son véhicule de sa demeure. Au culot, nous nous dirigeâmes vers lui et Aurélien lui demanda dans un espagnol approximatif si il pouvait nous déposer en voiture à proximité de Teguise. Gentiment, ce Canarien à la bouille souriante nous invita à passer la nuit chez lui. Il nous proposa même de nous doucher dans sa maison avant d’aller dormir dans sa caravane aménagée. Heureux de cette belle rencontre, l’on prit plaisir à échanger dans un mélange d’espagnol, d’anglais et de français avec notre hôte du soir, surnommé Kiko. Cependant, levés depuis 3h00 du matin, l’on souhaitait se coucher de bonne heure pour reprendre des forces en vu de la suite de notre périple.

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Petite halte dans une fête locale à San Bartolomé (photo perso)

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La caravane prêtée par le génial et atypique “Kiko” où nous avons passé notre première nuit sur Lanzarote  (photo perso)

Le lendemain matin, après une nuit mitigée, nous échangeâmes nos coordonnés respectifs. Kiko proposa de nous inviter toute la semaine. Cependant, souhaitant découvrir d’autres recoins de l’île, on lui proposa de repasser vendredi pour notre dernière nuit sur Lanzarote. 

Sous le soleil, nous reprîmes notre chemin vers Teguise, distante de six kilomètres de la bâtisse de Kiko. Longeant une route rectiligne tracée dans un décor toujours aussi désertique et volcanique, nous arrivâmes aux portes de l’ancienne capitale vers 11h30. En ce jour de marché, la ville était très animée et les touristes déambulaient devant les nombreux étalages. Pour le repas du midi, l’on se laissa tenter par un restaurant à tapas : la Cantina ! Un choix judicieux dont nos papilles se souviennent encore.

Dans le courant de l’après-midi, depuis Teguise, nous ralliâmes la côte Est à pied puis en stop grâce à l’amabilité d’un couple catalan qui visitaient Fuerteventura et Lanzarote sur un week-end prolongé. En l’espace de quelques kilomètres, les paysages avaient évolué. Les cactus avaient colonisé les champs autour des bourgs de Guatiza et de Mala. Puis via des chemins sablonneux, à travers la lande, nous avons atteint la localité de Charco del Palo, réputée pour ses fervents naturistes. Dans cette station balnéaire quelque peu insolite, nous avons pu nous baigner dans une piscine naturelle avant de nous mettre à la recherche d’un lieu pour planter notre tente. Contrairement à la veille, l’on trouva chaussures à nos pieds, dans les dunes face à l’océan. Plaisant !

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Dégustation de tapas dans l’ancienne capitale Teguise où nous avons également fait le marché (photo perso)

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La petite localité de Mala, au Nord-Est de l’île est entourée de vastes champs de cactus (photo perso)

Lundi 14 décembre, notre périple allait prendre une autre tournure puisque le frère d’Aurélien nous rejoignait ce matin. Boosté par un petit-déjeuner bien fruité à base de … betteraves, nous le rejoignîmes sur le parking du Jardin de Cactus sur les coups de 10h00. Comme convenu, Jean-François avait récupéré notre voiture de location à l’aéroport. 

Après un rapide saut dans un supermarché de Guatiza, nous prîmes la route, cette fois-ci en voiture, pour Haria. Située à 300 mètres d’altitude dans le Nord de l’île, cette charmante et paisible localité est réputée pour sa splendide palmeraie. Une petite randonnée pour contempler les paysages riches en palmiers fut au programme avant de déjeuner sur la place principale de la ville. Ensuite, nous nous rendîmes à la Cueva de los Verdes, l’un des plus importants sites touristiques de l’île.

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Cadre idyllique pour bivouaquer près de Charco del Palo (photo perso)

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Bel aperçu de la palmeraie d’Haria, où nous avons randonné (photo perso)

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Visite de la cueva de los Verdes, long tube de lave de six kilomètres entre le cône volcanique et l’océan. Cet impressionnant édifice naturel est le fruit d’une éruption volcanique assez ancienne (photo perso) 

Puis, après un bref stop sur une plage près d’Orzola, où j’en profitai pour satisfaire ma première baignade de la semaine, une sportive randonnée à flanc de falaises sur côte Nord de l’île était au menu. Durant celle-ci, l’on pu profiter de magnifiques panoramas sur l’île de la Graciosa.

Dans le courant de la soirée, l’on dîna dans un restaurant de fruits de mer à Orzola avant de passer une nuit à la belle étoile sur la plage que l’on avait visitée plus tôt dans la journée. Quel bonheur de pouvoir contempler les étoiles un 14 décembre !!! 

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Tout au nord de Lanzarote, panorama sur l’île de la Graciosa depuis d’abruptes et rocailleuses falaises (photo perso)

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Petite session de gainage aquatique après un bon footing (photo perso)

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Le bivouac du soir : à la belle étoile sur une plage près d’Orzola (photo perso)

Après une nuit plus que convenable, un petit-déjeuner reconstituant et une haletante partie de scrabble, nous prîmes un ferry pour nous rendre sur l’île de la Graciosa que l’on apercevait la veille depuis les falaises du Mirador del Rio.

Réputée très venteuse, cette île qui fait face aux côtes septentrionales de Lanzarote n’a pas failli à sa réputation durant notre passage. A peine arrivés à Caleta del Sebo, la principale ville de la Graciosa, que nous étions fouettés par de véritables bourrasques. Dans ce contexte, nous avons eu toutes les peines du monde à trouver un endroit abrité pour déjeuner. Malgré ces conditions météorologiques presque tempétueuses, l’on prit la décision de maintenir la randonnée que l’on souhaitait accomplir.

Une fois sorti de Caleta del Sebo, nous prîmes la direction du point culminant de l’île : Las Agujas (266 mètres d’altitude). Par des chemins sableux et pierreux traversant des paysages sauvages et désertiques, l’on atteignit les contreforts de ce petit cône volcanique. Motivés, l’on entreprit l’escalade du volcan un peu ” à la one again ” ou du moins sans suivre d’itinéraire balisé. Rocailleuse et abrupte, l’ascension se fit sans trop de frayeurs et de difficultés. Au sommet, la vue à 360 degrés était sublime et l’on prit de nombreux clichés pour capturer ces somptueux panoramas.

Avant d’embarquer en direction de l’île de la Graciosa (photo perso)

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En nous rendant sur l’île de la Graciosa, bel aperçu sur les vertigineuses falaises que nous avons arpenté la veille (photo perso)

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Caleta del Sebo, la principale bourgade de la Graciosa parait déserte et abandonnée en ce début d’après-midi (photo perso)

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A la conquête de la Graciosa et de son point culminant Las Agujas (266 mètres d’altitude) (photo perso)

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La fine équipe au sommet après une escalade un peu périlleuse (photo perso)

Vers 16h30, l’on attaqua la descente sur le versant opposé. Notre objectif était de rejoindre, avant la tombée de la nuit, un lieu proche du littoral où l’on pourrait planter notre bivouac à l’abris des regards. En dépit d’un parcours semé d’embûche, l’on atteignit notre objectif de justesse et lorsque le soleil alla se coucher nous avions élu domicile dans les dunes jouxtant la playa de las Conchas. Le bivouac installé, l’on prit notre dîner avant de jouer une nouvelle partie de scrabble remportée cette fois-ci haut la main par Jean-François.

En rien cette douce soirée ne laissait présager la nuit cauchemardesque que l’on allait vivre. En effet alors qu’il avait molli en fin d’après-midi, le vent refit progressivement son apparition. Les gars avaient décidé de dormir à la belle étoile comme la nuit précédente. Gêné par le sable, j’avais choisi de me réfugier sous la tente. Cependant, battue par les rafales de vent, la tente manqua de s’envoler ce qui nous contraint de la démonter en pleine nuit dans l’obscurité totale. La suite de la nuit ne fut pas de tout repos. Emmitouflé dans nos duvets et imaginant multiples astuces, l’on tentait de se protéger au mieux de la tempête de sable qui s’abattait sur notre campement. En vain ! A l’exception d’Aurélien qui passa une nuit pas trop médiocre, cette nuit du 15 au 16 décembre 2015 rentre assurément dans mon top 10 des pires nuits que j’ai passé.

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Depuis les hauteurs de Las Agujas, la vue est magnifique (photo perso)

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Après une descente technique, nous sommes arrivés sur la côte Nord de l’île dans le cordon dunaire près de la réputée playa de las Conchas (photo perso)

Au réveil, mon visage était plein de sable malgré les techniques que j’avais mis en oeuvre durant mon combat nocturne face à Eole. Une fois notre petit-déjeuner avalé, l’on fila en direction de l’océan pour prendre un bain dans une piscine naturelle. Le cadre était très sauvage et preuve de la force des vents, d’énormes vagues venaient se fracasser contre la côte rocheuse.

Vers 9h30, l’on prit le chemin de Caleta del Sebo afin d’attraper un ferry pour Orzola. En attendant ce dernier, nous déjeunâmes dans une authentique gargote peuplée de locaux parlant un espagnol assez rude.

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Le visage ensablée par une nuit tempête de sable dans les dunes (photo perso)

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Paysage typique de la Graciosa, des étendues sableuses jonchées de cônes volcaniques (photo perso)

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Se rincer est incontournable après la nuit agitée (photo perso)

De retour sur le “continent”, l’on prit la direction du Mirador del Rio qu’Aurélien et Jean-François souhaitaient visiter. Puis alors qu’ils m’échouèrent sur une plage aux eaux turquoises, ils firent la visite d’un autre site touristique : Jameos del Agua.

Vers 16h00, nous nous retrouvâmes comme convenus à la plage. Il était temps de reprendre la voiture pour traverser Lanzarote afin de rallier Playa Blanca, située à l’extrémité Sud de l’île, où nous avions réservé un logement atypique pour la nuit à venir : un voilier. Durant cette diagonale géographique nous fîmes plusieurs stops afin de contempler la beauté des paysages de Lanzarote. Nous passâmes, entre autre, par le Parc National de Timanfaya pour nous donner un avant-gout de la visite que l’on avait prévu d’effectuer le lendemain.

Vers 18h30, enfin arrivés à Playa Blanca, nous prîmes possession de notre chouette voilier amarré dans la luxueuse Marina Rubicon. En l’espace de quelques heures, l’on avait complètement changé de décor et c’était presque un nouveau séjour qui débutait. A découvrir dans le second volet de notre séjour à Lanzarote.

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Petite session plage près de Orzola … (photo perso)

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… pendant ce temps Aurélien et Jean-François découvraient le site de Jameos del Agua (photo perso)

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A proximité de Caleta de Famara sur la côte Ouest de l’île, paysages de falaises et de dunes sableuses balayées par les vents. Ce n’est pas un hasard si la plage de Caleta de Famara est l’un des grands spots de surf de Lanzarote (photo perso)

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