5 ème épisode saison 2015 : le trail du Sancy – Mont Dore (33 km)

Jolie performance sur les cimes du massif du Sancy

Après un été studieux en termes d’entrainement mais sans compétition, il était temps de ré-agrafer un dossard et de se fixer de nouveaux objectifs. Avec Aurélien, je me suis donc rendu du côté du Mont Dore en Auvergne afin de participer au trail du Sancy-Mont Dore (33 km ; et plus de 2000 mètres D+) qui au passage, était cette année le support des championnats de France de trail. Pour nous deux, c’était un come-back dans le Massif Central puisqu’en 2012, nous avions déjà participé à ce trail en nous alignant sur l’épreuve de 18 kilomètres. Avec trois années en plus, nous avions décidé de doubler la distance pour se mesurer à la difficulté d’un véritable trail en montagne. En bonne forme à la sortie de mon séjour sur l’archipel des Açores, j’aspirais à un bon classement général et à un chrono inférieur à 5h00 à l’instar de mon camarade. 

profil

Le profil de ce trail de 34 kilomètres (photo perso)

Séjour auvergnat et avant course 

Partis en début de matinée de Nantes, c’est vers 16h30 que nous atteignîmes le Mont Dore après avoir traversé les départements du Maine et Loire (49), des Deux Sèvres (79), de la Vienne (86), de la Haute Vienne (87) de la Creuse (23) et enfin du Puy de Dome (63). Sur place, nous nous dirigeâmes directement vers le village départ afin de prendre la température de l’épreuve et de retirer nos dossards pour le trail du lendemain. Après une petite balade dans les rues de cette station thermale et quelques courses alimentaires, nous prîmes la direction de notre pied-à-terre auvergnat, un gîte qu’Aurélien avait réservé via airbnb.fr. Notre soirée fut calme et reconstituante : un repas à base de pâtes et une partie de scrabble qu’Aurélien remporta assez facilement tout en regardant le match Angleterre – Pays de Galles, première grosse affiche de la coupe du monde de rugby 2015. Vers 23h00, il était temps de se mettre sous la couette pour retrouver Morphée et récupérer en vue du sacré challenge qui nous attendait le lendemain matin.

avant course

En possession des précieux sésames (photo Aurélien)

Levés un peu avant 7h00, nous prîmes sans trop attendre le petit déjeuner dans la cuisine de notre rustique chalet. Motivé sans pour autant être complètement euphorique, j’enfilai ma tenue de traileur tout en finissant de préparer mes provisions pour l’épreuve longue distance du jour. Au menu du jour : des barres de céréales mais aussi des gels pour tenir le coup sur ce trail de 33 km. Avec Aurélien, nous avions déjà participé à un trail de cette distance, c’était en décembre 2013 à Moncontour. Cependant, le trail du Sancy Mont Dore proposait un dénivelé deux fois supérieur à celui de l’épreuve bretonne ce qui nous effrayait quelque peu. Bref, il fallait donc un bon stock de victuailles pour tenir le coup.

Vers 8h30, nous étions sur le site du départ pour nous échauffer. En ce dimanche 27 septembre, les conditions météorologiques étaient assez bonnes. Le ciel était plutôt dégagé et seuls quelques nuages restaient accrochés aux sommets auvergnats. En revanche, il ne faisait pas chaud en ce début de journée d’autant plus que le vent refroidissait cette atmosphère bien automnale. Vers 8h50, l’ensemble du peloton fut invité à rallier la ligne de départ. Au départ, celui-ci était scindé en deux : un premier groupe d’environ 500 coureurs concourrait pour le championnat de France de trail tandis que le second un peu plus imposant participait à la course dite “open”.

Les cols de la Croix Morand et de la Croix St Robert en guise d’amuse bouche

Breg Chap départ

Aurélien et moi-même au départ (photo Aurélien)

Placé un peu loin sur la ligne de départ, nous prîmes un départ plutôt tranquille en dépit du profil descendant des premiers hectomètres. L’ambiance dans le Mont Dore était sympathique et les spectateurs applaudissaient le flot de coureurs partant à la conquête du Massif du Sancy. Avec Aurélien, nous fîmes course commune jusqu’aux environs du deuxième kilomètre. En fait, dès que la route s’est élevée, nous avons tout les deux pris un rythme différent. A l’aise dans les acensions, je pris ainsi les devants, tandis qu’Aurélien monta à son rythme afin d’en garder sous la semelle. Dans ces premières grimpettes, je dépassai un nombre incalculable de coureurs qui semblaient déjà en difficulté, contraint de marcher et d’utiliser des bâtons pour beaucoup. J’avoue que je ne comprenais pas trop comment des coureurs qui semblent être entraînés et affûtés pouvaient déjà être au ralentit. Autant faire de la randonnée si c’est pour marcher non ?

J’atteignis le col de la Croix Morand (1401 mètres d’altitude) après environ 45 minutes d’effort si mes souvenirs sont exacts. J’étais dans le rythme et au presque quart de la course, j’étais encore très frais et j’avais même l’impression d’avoir couru en sous régime jusque là, notamment à cause de tous ces coureurs-marcheurs. C’est un peu le soucis sur les course escarpées, les chemins étant étroits et sinueux, il n’est pas toujours aisé de dépasser. Sur les pentes du Puy de la Tache (1629 mètres d’altitude) et du Puy de l’Angle (1758 mètres d’altitude), je continuais ma remontée au classement en dépassant avec une assez grande facilité des grappes de coureurs essoufflées ou en mode économie. Par ailleurs, je profitais de beaux panoramas sur le montagnes et crêtes auvergnates. Magnifique !

A la suite d’une descente un peu technique, j’atteignis le fameux col de la Croix Saint Robert (1438 mètres d’altitude) que j’avais gravis avec mon acolyte cycliste Arnaud lors d’un séjour en 2008. Avec Aurélien, nous l’avions également escaladé en 2012 déjà à l’occasion du trail du Sancy Mont Dore (18 km). Après 13,5 kilomètres de course, je me sentais vraiment bien et j’abordais assez sereinement la seconde partie du parcours. Lucide, je m’étais bien alimenté jusque là et je n’oubliais pas de boire régulièrement. L’ascension du Roc de Cuzeau (1737 mètres d’altitude) se passa sans encombre même si progressivement je sentais mes jambes se durcir. Malgré tout je continuais à dépasser des coureurs. Dans la longue descente qui nous menait à la vallée de Chaudefour, j’étais calé dans un groupe de quatre ou cinq coureurs. Assez technique, il fallait la négocier avec vigilance pour ne pas se faire surprendre et partir à la faute. Après 20 kilomètres d’effort, j’atteignis cette paisible et verdoyante vallée où coulent de nombreux ruisseaux et ruisselets. Il me restait encore 13 kilomètres à parcourir et le terrible Puy de Sancy à grimper. 

Cinq kilomètres d’ascension et de labeur pour gravir le toit du Massif Central :               le Puy de Sancy et ses 1886 mètres d’altitude …

Pour rallier le Puy de Sancy (1886 mètres d’altitude) depuis la vallée de Chaudefour (1230 mètres d’altitude), c’est un dénivelé positif de plus de 650 mètres sur cinq kilomètres qui était au menu des coureurs déjà un peu éprouvés par vingts kilomètres de montagnes russes en guise d’amuse gueule. Pour ma part, je me sentais encore relativement frais et c’est à une bonne allure que j’attaquais les premières rampes de l’ascension. Le terrain proposé était difficile à appréhender car pierreux et glissant notamment sur le début de l’ascension qui se faisait en sous-bois.

A environ trois kilomètres du sommet alors que j’avais rattrapé un binôme de jeunes traileurs, je sentis me forces diminuer et mes jambes m’abandonner. Je peinais alors à les suivre mais eux aussi semblaient en difficulté comme l’ensemble des coureurs autour de moi. En plus, le vent soufflait fort sur les pentes du Puy de Sancy ce qui ne facilitait pas notre progression. Au kilomètre 25, j’avais enfin en vue le sommet du toit du Massif Central. A la force des mollets et des cuisses, j’escaladai les derniers mètres de cette ascension délicate, bien aidé également par les encouragements joviales des spectateurs présents. Il me semble que j’atteignis le sommet du Sancy après 3h30 de course. J’étais alors largement dans les temps pour terminer dans le chrono que je m’étais fixé à savoir moins de 5h00. Cependant, il n’était pas question de finir en roue libre et c’est donc sans traîner que j’attaquai la descente vers le Mont Dore. 

… avant une descente “casse gueule” pour rallier le Mont Dore 

Je connaissais bien cette descente pour l’avoir déjà empruntée lors de l’édition 2012. Je savais qu’elle était particulièrement technique et caillouteuse et de fait je décidai de ne pas prendre de risques et de la descendre à ma main. A mon rythme, je peux dire que je l’ai plutôt bien négocier car je me suis assez peu fait dépasser.

chap descente

Dans la descente du Puy de Sancy à vive allure (photo http://photospolo.wix.com/)

ABJ descente

Voici Aurélien, au même endroit à environ cinq kilomètres de l’arrivée (photo http://photospolo.wix.com/)

Suite à quatre kilomètres de descente, nous arrivâmes à la station du Mont Dore. Il restait encore quatre kilomètres à parcourir pour rallier le bourg du Mont Dore où était jugée l’arrivée. Après près de quatre heures de course, je commençais à trouver le temps long et je pensais fortement à Elisa pour tenir le coup. Heureusement, le profil de cette dernière partie d’épreuve était roulant sur des chemins boisés à flanc de coteaux. Sur ces derniers, je maintenais une allure très correcte autour des 12 km/h témoignant de ma bonne endurance. Cependant, j’avais vraiment hâte d’en terminer. En fait, je crois que pour une fois, j’étais davantage en péril d’un point de vue mental que physique. 

A deux kilomètre de la ligne d’arrivée, je touchais au but et dans un dernier élan, je haussais un peu mon allure pour tenter de rattraper les coureurs gambadant devant moi. Preuve de ma lucidité en berne sur la fin de course j’avoue ne plus trop me souvenir de mon sprint final. Au terme d’une rude course à travers les montagnes, je termine à la 66 ème place de ce trail du Sancy Mont Dore dans un chrono de 4h13’09. Quant à Aurélien, il arriva bien plus tard, exténué après 5h22’30 d’effort se classant dans le ventre mou du peloton à la 332 ème place. 

arrivée chap

La ligne d’arrivée franchie après plus de 4h13 d’effort (photo http://photospolo.wix.com/)

Classement et analyse 

1 BIGNON Jean-Luc SEM 3h28’05

2 TARENNE Adrien SEM 3h28’38’

3 LASCOUGIRAUD Laurent SEM 3h28’50

….

66 CHAPALAIN Valentin SEM 4h13’09

332 BREGEON Aurélien SEM 5h22’30

638 coureurs classés

bain after

Le lendemain à l’aube, juste avant de prendre la route pour Nantes, rien de tel qu’un petit bain dans les sources d’eau chaude jouxtant la Dordogne pour se refaire une santé et favoriser une meilleure récupération (photo perso)

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